Campagne électorale | L’UMQ souhaite que la réduction de l’itinérance soit une priorité
Crédit photo | Deposit photos En pleine campagne électorale québécoise, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) demande aux partis politiques de faire de la réduction de l’itinérance au Québec une priorité nationale, cette réalité entraînant des coûts de plus de 1,1 milliard de dollars par année, soit près de 95 000 $ par personne en situation d’itinérance, selon une mise à jour de l’étude de l’UMQ en 2023.
Selon l’UMQ, ces chiffres démontrent l’urgence d’agir. Plus qu’une facture, ils révèlent des milliers de personnes en situation d’itinérance et une pression dans le domaine de la santé, des services sociaux, de la sécurité publique et sur les organismes communautaires.
« L’itinérance progresse partout au Québec. Derrière chaque personne qui se retrouve à la rue, il y a une détresse humaine, un parcours brisé et un échec collectif qu’on ne peut plus accepter comme société. On ne choisit pas la rue, on la subit », mentionne Guillaume Tremblay, président de l’UMQ et maire de Mascouche.
L’analyse de l’étude démontre que les coûts ont drastiquement augmenté, passant de 734 M$ en 2023-2024 à 1,1 G$ aujourd’hui, et qu’ils pourraient atteindre 1,2 G$ dès l’an prochain si rien n’est mis en œuvre.
« En matière d’itinérance, le coût de l’inaction est beaucoup plus grand que le coût de l’action. Pour arriver à infléchir la courbe d’augmentation d’itinérance que nous voyons dans toutes nos communautés, il est absolument nécessaire que le gouvernement du Québec se donne une nouvelle ambition. L’état de situation en itinérance exige qu’on rassemble les partenaires, comme les villes, les ministères et organismes, les organismes communautaires, le milieu philanthropique, afin qu’on se donne ensemble un véritable plan d’action national, avec des responsabilités et moyens renouvelés ainsi que des cibles audacieuses », ajoute Maude Marquis-Bissonnette, présidente du Caucus des grandes villes et mairesse de la Ville de Gatineau.
Les investissements gouvernementaux en matière d’itinérance ont aussi augmenté, passant de 266 M$ à 488 M$.
« Le coût de ne pas sortir les gens de la rue a des conséquences pour tout le monde : si on s’y mettait vraiment, c’est 1 milliard de dollars qu’on pourrait réinvestir chaque année dans les autres priorités des citoyens. À toujours gérer l’urgence, on oublie qu’on connaît déjà la solution qui donne les meilleurs résultats : le logement avec accompagnement. C’est là que le gouvernement doit agir, en assurant un financement stable aux ressources sur le terrain. Pour renverser la tendance, il faut oui s’engager vers l’itinérance zéro, mais aussi mettre les efforts au bon endroit. », affirme Bruno Marchand, président du comité sur l’itinérance de l’UMQ et maire de Québec.
L’UMQ demande donc de mettre en place une stratégie nationale de réduction de l’itinérance, d’assurer un financement stable, prévisible et récurrent des ressources et de favoriser une approche intégrée entre l’habitation, la santé, les services sociaux et les acteurs municipaux.