Entretien avec Viviane Audet, porte-parole du Réseau d’été 2026

Christophe Moquin | 13 mai 2026 | 15:12
Crédit photo - Marjorie Guindon | Photo de courtoisie ROSEQ

Dans le cadre du Réseau d’été 2026 du Réseau des Organisateurs de Spectacles de l’Est du Québec (ROSEQ), dévoilé plus tôt cette semaine, notre équipe s’est entretenue avec l’artiste Viviane Audet.

En plus de présenter son spectacle Le piano et le torrent 14 fois cet été, dans l’Est du Québec, la pianiste et compositrice est la porte-parole de cette 39e édition du Réseau d’été.

Entretien avec Viviane Audet

À quoi peut-on s’attendre en t’écoutant ?

« On peut s’attendre à faire un beau voyage dans mon coin du monde, qui est Maria. J’ai composé cet album en mai 2021, dans un moment de déracinement, où ma maison familiale à Maria a été vendue, j’avais une grand-maman qui était en fin de vie. Donc, il y avait plusieurs piliers, dans ma vie, qui prenait un coup. Et, je me suis installé devant mon piano et à raison d’une pièce par jour, j’ai composé Le piano et le torrent, mais qui, à ce moment, n’avait pas de titre. Les pièces étaient 1er mai, 2 mai, 3 mai, puis à la fin de tout ça, j’ai laissé reposer ça pendant presque trois ans.

Il y a deux ans, j’ai ressorti ces pièces. Je l’ai est réécouté et je me suis dit : je pense qu’il y a quelque chose là-dedans. J’avais envie de dire quelque chose à travers ça. C’était comme une porte de sortie, les compositions, pour moi, comme une façon de m’accrocher à quelque chose. Donc, j’ai donné des titres, qui sont vraiment en lien avec mon village, des noms de rues, puis des noms de lieux, des expressions, Dolo, qui était le nom de ma grand-mère Dolores, puis ça a donné Le piano et le torrent. Quand on écoute l’album, on vit une expérience et quand on vient voir le show, c’est une autre expérience parce que, j’ai écrit le spectacle un peu comme une pièce de théâtre. C’est vraiment plonger les gens dans cette histoire. C’est vraiment tissé avec un petit fil qui se déploie du début à la fin, où je raconte le déracinement et le racinement plus tard dans le spectacle ».

Justement, parlons du spectacle. Comment a été sa conception ?

« L’année passée, quand j’ai sorti l’album, rapidement, il y a des shows qui se sont booker, mais je n’avais pas encore de show qui existait. Donc, à un mois, à peu près, de la première, je n’avais toujours pas de show, j’avais des pièces. Donc, j’ai pris un gros papier géant, j’ai acheté des Post-it de couleur, puis j’ai écrit le nom des pièces dessus. J’ai fait comme un casse-tête, c’est-à-dire que j’avais besoin de voir les pièces sur un grand papier, je me suis dit : Qu’est-ce qui serait les entres pièces ? Qu’est-ce qui va se raconter ? Et là, j’ai eu l’idée, je me suis demandé qui était Maria, le nom de mon village. C’est qui elle ? On la connais-tu ?

Donc, j’ai appelé au Musée de l’histoire de la Gaspésie, à Gaspé, qui m’ont mis sur la piste de cette femme, qui est Maria Howard, qui était la femme de Guy Carleton, gouverneur de la province de Québec, dans les années 1700. J’ai compris que cette femme était partie de l’Angleterre pour venir vivre ici. Elle a eu neuf enfants, il y en a six qui sont morts, elle est restée quand même. J’ai pensé à son déracinement à elle. Je faisais vraiment un miroir au mien à quelque part, dans une autre échelle, mais ç’à été la bougie d’allumage de raconter en partant de l’histoire de cette femme, puis après, de se servir de ça comme tremplin, puis raconter mon histoire ».

Tu es la porte-parole du Réseau d’été cette année, qu’est-ce que ça te fait de l’être ?

« Ça me fait vraiment un velours, parce que je suis une enfant du ROSEQ. J’ai vu des shows quand j’étais petite, à Carleton. J’ai vu Daniel Lavoie seul au piano, puis ça m’a vraiment marqué parce que, c’était beau de voir un artiste seul derrière son piano. Clairement que ça s’est logé quelque part dans ma tête. Je me suis dit que c’était quelque chose qui était possible. De porter la parole, pour moi, c’est une façon de dire aux gens à quel point c’est une programmation qui est riche cette année, qui mélange autant la musique, l’humour, la danse et tous les styles musicaux aussi ».

En terminant, quelle est l’importance du Réseau d’été ?

« C’est une rencontre entre des gens d’un territoire et des artistes qui, peux être, n’auraient pas la chance de venir les voir dans les salles, pendant la saison plus régulière. Je trouve ça beau cette rencontre entre un public et les artistes, puis aussi, entre, peux être, des touristes qui vont venir sur le territoire de l’Est du Québec durant l’été, puis qui vont accrocher des shows au passage. Je lance un défi aux touristes de, peux être, se servir de la programmation comme moteur de leur itinéraire cet été, parce qu’on le fait souvent pour de la gastronomie, pour des restaurants ou pour des sites de plein air, mais pourquoi on ne le ferait pas avec la culture ».

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