Rachid Aniss fait état d’une tension entre communautés dans La Matapédia
« 18 ans et quelques poussières dans la MRC de La Matapédia, j’ai jamais observé une telle dérive de haine de racisme ces derniers mois ». Voici la première phrase qu’a écrit Rachid Aniss dans un discours, publié sur sa page Facebook, qui fait état d’une tension qu’il ressent sur les réseaux sociaux par des Matapédiens.
Originaire du Maroc, l’homme devient citoyen canadien en 2013 et possède un sentiment d’appartenance en tant que riverain de La Matapédia.
Il ressent une tension entre deux communautés. « Je recevais beaucoup de messages d’amis et de connaissances : As-tu vu ce qui se passe sur une page [Facebook] ? (…) Une discussion qui est un peu xénophobe, tout ça ça m’a ramené à des évènements qui sont passés dans la vallée (…), que plusieurs personnes de la communauté immigrante ont été agressées, soit physiquement, soit psychiquement, soit intimidé dans la rue », explique M. Aniss. « Quand j’ai vérifié la page, j’ai vu que les personnes qui ont publié ça, elles n’acceptent pas la discussion, elles n’acceptent pas le dialogue (…). Pour moi, ce sont des personnes qui ont des souffrances. Ils ont quelque chose à prouver, mais ils la prouvent avec la mauvaise manière. Ils vont chercher de fausses informations ».
L’homme déplore donc une division, dans la communauté, par ces propos exprimés sur les réseaux sociaux. « Si nous, si vous, c’est nous qui avons raison, vous devriez retourner chez vous. C’est une discussion, je ne vais pas dire un racisme direct, mais un racisme indirect. La xénophobie a teinté le dialogue, l’a polarisé ».
Il ajoute, en mentionnant la page en question, que « si c’était vraiment une opinion sur Facebook, une opinion personnelle de quelqu’un sur son profil à lui, je n’aurais pas réagi. Mais, quand on parle d’une page qui est créée pour rassembler la communauté (…). Quand cette page est polarisée par ce qui est politique, qui fausse l’information, je n’accepte pas ça, parce qu’il y a beaucoup de gens qui regardent ça, abonnés ou pas abonnés, parce que c’est un espace de la communauté ».
Répondre à la majorité silencieuse
Pour exprimer son message, M. Aniss décide de ne pas répondre directement aux messages, mais plutôt d’envoyer un message à la majorité silencieuse. « Cette majorité silencieuse, c’est avec laquelle j’ai vécu tous ces 18 ans en paix, en sérénité ».
C’est a ce moment que sa publication Facebook est mise en ligne. « J’ai lancé un appel qu’il y a des évènements qui ne ressemblent pas à notre belle vallée. Alors, j’ai fait un appel au dialogue, je ne voulais pas qu’on entre dans le conflit, dans la confrontation d’idée ou entre communauté. Je veux seulement qu’on vît en respect ».
Son message voulait aussi « qu’on tolère d’autres personnes qui sont venues ici pour aider l’économie de la vallée. Ils ont besoin aussi de reconnaissance, ils ont besoin d’aides, d’être écouté. Pas tout le monde qui connaît leur condition de travail, leur réalité ».
Et la publication a fait du bruit. « Ça a fait une boule de neige. Je n’ai jamais eu autant de partage dans mes publications. Mon message a été reçu avec une ferveur et a été bien reçu », explique M. Aniss.
Une Matapédia tout de même accueillante
Rachid Aniss mentionne tout de même que La Matapédia possède de bonnes ressources pour les nouveaux arrivants, que se soit par l’entremise de la MRC de La Matapédia ou Tremplin Travail. « J’ai fait presque le tour du Québec, [les Matapédiens], ils ont une empreinte distincte. Ce sont des gens qui aiment la paix, qui n’aiment pas la chicane, les conflits. Ils ont un climat très pacifique », conclut M. Aniss.