Chrysler Pacifica 2027, le jour où mon caméraman a regardé un film
La Chrysler Pacifica. Photo courtoisie Par Marc Bouchard
Il existe, quelque part en Ontario, une microbrasserie assez culottée pour avoir lancé une bière baptisée Soccer Mom, étiquette ornée d’une silhouette de minivan. Le genre de clin d’œil qui se veut drôle mais qui, dans les faits, résume assez bien vingt ans de mépris envers un type de véhicule pourtant incroyablement pratique.
J’ai repensé à cette bière tout au long de mes quelques 300 kilomètres entre Hamilton et les chutes Niagara au volant de la Chrysler Pacifica 2027, en me demandant pourquoi on s’entête collectivement à ridiculiser le véhicule le plus intelligent du segment familial.
Mon caméraman, lui, ne se posait pas la question. Assis à la deuxième rangée pendant qu’on filmait des plans de la route entre deux arrêts, il a découvert le système Uconnect Theatre et ses deux écrans intégrés aux dossiers des sièges avant. Le temps que je négocie une bretelle de la QEW, il avait déjà lancé un film grâce au lecteur Blu-ray intégré (il aurait pu aussi utiliser le Fire Stick mais bon), casque sur les oreilles, plus du tout intéressé par mes commentaires savants sur la fermeté de la suspension. J’ai dû le rappeler à l’ordre à deux reprises pour qu’il capte des images de moi en train de conduire. La Pacifica venait de me voler mon propre caméraman. Difficile de trouver meilleure démonstration du talent de ce véhicule à occuper une famille sur un long trajet.
Sur la mécanique, rien de bouleversant. Le bon vieux V6 Pentastar de 3,6 litres est toujours au poste, avec ses 287 chevaux et ses 262 livres-pied de couple, acheminés aux roues avant ou aux quatre roues selon la version, par l’entremise d’une boîte automatique à neuf rapports qui ne cherche jamais ses rapports. Le moteur grogne un peu quand on le sollicite fort sur une bretelle d’autoroute, mais il ne m’a jamais donné l’impression de me laisser tomber, même chargé et avec deux adultes et du matériel de tournage. Sans oublier le petit sac de grignotines, partie prenante de tout « road trip » qui se respecte.
Esthétiquement, la Pacifica 2027 se refait une beauté et c’est une vraie réussite. Nouvelle face avant, jeu d’éclairage réussi, logo modernisé et rétroéclairé du plus bel effet. À l’arrière, les feux ont eux aussi été redessinés. Rien de radical, mais assez pour donner un coup de jeune à un véhicule qui, mécaniquement, roule sur les mêmes bases depuis des années. On sent que Chrysler a préféré investir dans l’apparence plutôt que dans une refonte coûteuse, un choix pragmatique qui se reflète d’ailleurs dans le prix : la Pacifica de base démarre à 52 995 $, en baisse notable par rapport à l’an dernier. Pour certaines versions, la baisse atteint 7 200$ ce qui est quand même significatif.
Ce qui n’a pas changé, et tant mieux encore, c’est l’ingéniosité pratique du véhicule. Le système Stow’n Go permet de faire disparaître les sièges de la deuxième et de la troisième rangée directement dans le plancher, libérant un espace de chargement qui ferait rougir bien des VUS soi-disant polyvalents. Les portières coulissantes électriques, activables à distance, sont un luxe qu’on cesse de remarquer une fois qu’on l’a essayé, mais dont l’absence deviendrait vite intolérable. Ajoutez à cela des sièges avant qui glissent pour faciliter l’accès aux sept ou huit places, et vous obtenez un véhicule pensé de bout en bout pour le quotidien chargé d’une famille, ou d’une équipe de tournage un peu trop excitée par un lecteur Blu-ray.
Seul bémol notable de cette édition 2027 : la disparition de la version hybride rechargeable, qui aurait pourtant eu tout son sens pour les familles urbaines. On comprend l’impact financier derrière cette décision, mais on ne peut s’empêcher de le regretter un peu.
Au retour vers Hamilton, mon caméraman a fini son film pile au moment où on rentrait le véhicule à l’hôtel, très fier de m’annoncer qu’il avait apprécié la scène finale bien plus que mes explications sur le couple moteur. Je n’ai pas eu le cœur de lui en vouloir car après tout, dans la chaleur étouffante, il a tout de même pris plusieurs plans intéressant qui mettent en valeur cette nouvelle Pacifica.
La Chrysler Pacifica 2027 ne cherche pas à impressionner sur papier. Elle cherche à rendre service, et sur ce plan, entre Hamilton et Niagara Falls, elle n’a pas chômé une seconde. Même l’étiquette de bière la plus moqueuse du pays se transforme tout à coup en un véritable hommage à un véhicule plus que pratique.
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