Plusieurs représentants syndicaux sonnent l’alarme quant aux enjeux de violence

Christophe Moquin | 8 juin 2026 | 05:39
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Plusieurs représentants syndicaux, soit la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération des syndicats de l’enseignement du Québec (FSE CSQ), la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), la Fédération du personnel professionnel de l’éducation (FPPE-CSQ), le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est du Québec (SIIIEQ-CSQ) et le Syndicat des travailleurs de l’éducation de l’Est du Québec (STEEQ-CSQ) sonnent l’alarme quant aux enjeux de violence, à l’approche du déclenchement d’une campagne électorale.

« L’une des premières choses dont les membres nous parlent quand ils évoquent leur quotidien, ce sont des enjeux liés à la violence, à la banalisation des gestes et des paroles, et à l’incivilité. Ce que disent les travailleuses et les travailleurs des réseaux publics, en contact direct avec la population au quotidien, n’est pas étonnant, parce que c’est le reflet de la société dans laquelle on vit », fait valoir Éric Gingras, président de la CSQ, Richard Bergevin, président de la FSE-CSQ, Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ, Steeve Loisel, président du Syndicat du personnel professionnel de l’éducation de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (SPEGIM-CSQ), Pier-Luc Bujold, président du SIIIEQ-CSQ et Anne Bernier, présidente du STEEQ-CSQ, à l’occasion d’une conférence de presse conjointe, dans le cadre de la tournée des régions de la CSQ et en marge du 23e Congrès du STEEQ-CSQ qui s’est tenu, à Sainte-Anne-des-Monts.

Ils soulignent que ces préoccupations reflètent les résultats de l’étude populationnelle concernant les perceptions quant à la sécurité, l’incivilité et la violence, menée pour le compte de la CSQ. Dans l’ensemble, la population considère que le niveau de violence dans la société québécoise a augmenté au cours des cinq dernières années et 67% des répondants estiment que le climat de civilité s’est détérioré et 55% pensent que le problème va s’aggraver dans les cinq prochaines années. Finalement, 82 % estiment que le contexte social et numérique dans lequel la société québécoise évolue influence notre rapport à l’incivilité et à la violence.

La CSQ souhaite former un front commun contre la violence et adopter des positions communes, les faire connaître, les mettre en œuvre et travailler sur des mécanismes communs pour contrer ce fléau, partout dans la société.

« On sent bien à travers ces résultats qu’il y a une vague de préoccupations, à différents niveaux, dans toutes les sphères, partout à travers le Québec. Le malaise est palpable, personne n’y échappe. Le feu n’est pas pris dans la maison, mais on voit et on sent la fumée. Reste qu’il s’agit d’une alarme et qu’il faut réagir. Et ce qu’il faut comprendre, c’est que tout le monde est touché à un moment ou un autre. Et ce n’est pas l’affaire uniquement de Montréal ou des grandes villes. Le pessimisme est là, les gens constatent la violence, mais ils ne savent pas comment agir. Pour nous, à la lecture de ces résultats, il est clair qu’on a affaire à un enjeu social, politique et, oui, de santé publique! Ce que les Québécoises et les Québécois nous disent ici, c’est qu’ils s’inquiètent pour demain. Et un enjeu de santé publique comme celui-là devrait être pris au sérieux par celles et ceux qui nous représentent », d’insister les leaders syndicaux.

Demande d’un retour de l’intérêt commun

La CSQ mentionne que les derniers mois furent difficiles pour le climat social au Québec et appelle à un changement de ton, ainsi qu’au retour du dialogue dans l’intérêt commun, dans le contexte de l’arrivée d’une nouvelle première ministre.

« Les Québécoises et les Québécois se sont braqués devant la stratégie d’affrontement et de division électoraliste du gouvernement de François Legault. La preuve, c’est qu’il n’en est plus. N’empêche, on est pris avec de nouvelles lois qui viennent complètement changer le paysage, tant en matière de relations de travail, de négociations collectives, de santé et sécurité du travail et de représentation syndicale. Ce sont aussi les contre-pouvoirs qui ont été visés. Est-ce vraiment le Québec que nous voulons pour demain? À la CSQ, on tend la main à Mme Fréchette pour favoriser une vision rassembleuse, de même qu’à l’ensemble des partis politiques, à l’aube des prochaines élections générales », ajoute le président de la CSQ, Éric Gingras.

La CSQ ajoute qu’en plus de la négociation collective, il y a aussi l’intérêt commun dans la mission des organisations syndicales.

« Les travailleuses et les travailleurs que nous représentons sont des citoyennes et des citoyens du Québec. La société dans laquelle nous vivons et évoluons a des effets directs et concrets sur leur vie et, oui, sur leurs milieux de travail. Ce qui se passe entre les murs de nos établissements, nos écoles, nos collèges, nos hôpitaux et dans nos services éducatifs en petite enfance, ça s’enracine bien plus largement dans la société. Les organisations syndicales ne sont pas dans une bulle à part : nous sommes au cœur des communautés, partout à travers la province », précisent d’une même voix les leaders syndicaux.

Le dossier de la violence est donc préoccupant et prioritaire pour la CSQ et elle propose plutôt le dialogue et travaille à renforcer la cohésion sociale.