Un sondage dévoile des résultats troublants sur la violence du personnel de soutien scolaire du Bas-Saint-Laurent

Christophe Moquin | 13 mai 2026 | 08:46
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Les quatre syndicats représentant le personnel de soutien scolaire du Bas-Saint-Laurent dévoilent un portrait sur la violence subie par ses membres à la suite de la présentation des données nationales.

Selon les syndicats, les résultats sont troublants. Près de la moitié ont été victimes de menaces de violence physique, représentant 49 %, ou de la violence directe, pour 45%, des taux supérieurs obtenus à ceux observés en 2022, soit 27% et 37%.

Les types d’agressions sont variés : cris avec colère, langage grossier, menaces de mort, attaques avec objets, et même des conduites déplacées à caractère sexuel, incluant des attouchements.

Il est aussi recensé des risques psychosociaux. Les répondants, au niveau provincial, rapporte une demande d’ordre psychologique élevée, soit 48%, un faible soutien de leurs supérieurs, soit 35%, une faible reconnaissance, soit 47%, et une faible latitude décisionnelle, soit 55%. Finalement, 86% des répondants présentent un niveau élevé de détresse psychologique.

Aussi, 90% des répondants relient leur symptôme à leur travail : 62% ont indiqué avoir travaillé malgré des problèmes de santé. Enfin, 26% des répondants songent à quitter leur emploi. En 2022, cela représentait 19%.

Le sondage, mené par la FEESP-CSN, touchait 6 129 membres et 774 employés du soutien scolaire des quatre centres de services scolaires du Bas-Saint-Laurent ont répondu. Majoritairement âgés de 26 à 55 ans, les répondants occupent des postes permanents à temps partiel ou complet et cumulent souvent moins de cinq ans d’ancienneté.

« Ces résultats témoignent de la situation alarmante des conditions de travail dans le secteur du soutien scolaire et plus spécifiquement chez les membres des quatre syndicats représentant le personnel de soutien scolaire du Bas-Saint-Laurent. Dans le contexte, il est particulièrement troublant que le gouvernement du Québec tente de soustraire le secteur de l’éducation de certaines dispositions de son projet de loi n° 101 (PL101), Loi visant l’amélioration de certaines lois du travail. Cette décision entraînerait une diminution de la protection en santé et sécurité au travail pour les employé-es de ce secteur par rapport aux autres travailleuses et travailleurs du Québec », commentent les syndicats.

Les syndicats demandent au gouvernement de la CAQ de reculer et mettre en œuvre les mécanismes de prévention en milieu de travail prévu au PL101 pour l’ensemble du secteur de l’éducation. Il réclame aussi une intervention urgente du ministère de l’Éducation et des Centres de Services scolaires pour mettre en place des mesures concrètes afin de protéger la santé et la sécurité du personnel de soutien, ainsi que le gouvernement reconnaît le rôle fondamental du personnel de soutien dans le système éducatif québécois.