Ce qu’il faut savoir sur les hantavirus et leurs conséquences

La Presse Canadienne | 8 mai 2026 | 08:20
Des professionnels de la santé en tenue de protection évacuent des patients d’un navire pour les transférer dans une ambulance dans un port de Praia, au Cap-Vert, le 6 mai 2026. (AP/Misper Apawu)

Trois Canadiens ont été placés en quarantaine au Québec et en Ontario après avoir été infectés par un hantavirus sur un bateau de croisière naviguant dans l’Atlantique Sud. 

Même si d’autres cas, et même des décès, ont été signalés dans les derniers jours, il ne faut pas craindre une pandémie semblable à celle provoquée par la COVID-19 en 2020, affirme le Dr Cedric Yansouni, professeur agrégé au département des maladies infectieuses de l’Université McGill.  

« Le message le plus important, c’est que ce n’est clairement pas une situation similaire à des virus respiratoires, comme la COVID ou l’influenza, où on voit des pandémies chaque année. Ce n’est pas du tout la même chose, le niveau de risque n’est pas du tout le même. Ça ne s’est jamais vu une infection à un hantavirus propagée de personne à personne dans plusieurs endroits géographiques. Même dans les zones endémiques, on ne voit pas des épidémies à grande échelle. C’est une maladie qui se transmet soit sporadiquement, soit en petite éclosion », indique-t-il en entrevue.

Il précise cependant qu’« il est tout à fait possible qu’il y ait des transmissions secondaires, comme il y en a vraisemblablement eu à même le bateau ». 

« Ce qui est particulièrement inhabituel ici, c’est le fait que ça survienne sur une croisière. C’est la première éclosion documentée à même un bateau de croisière. Ça nous offre toutes sortes de possibilités d’étudier des paramètres qu’on ne connaissait pas avec certitude. »

Les conséquences de cette « maladie peu commune » peuvent être tragiques. « C’est une maladie qui est notoire parce que lorsqu’elle survient, les cas peuvent être très sévères très rapidement. Cela dit, on croit qu’il y a probablement une grande proportion des infections qui demeurent asymptomatiques », souligne le Dr Yansouni. 

« Dans les populations, on voit dans le sang qu’il y a eu des anticorps contre le virus sans que les gens aient su qu’ils étaient malades. Ceux qu’on voit, c’est la pointe de l’iceberg », ajoute-t-il. 

Il rappelle d’ailleurs qu’il y a des cas chaque année au Canada sans que cela ne fasse les manchettes. 

Le Dr Yansouni comprend cependant l’inquiétude d’une certaine partie de la population face à ces récentes éclosions. « Ça fait peur parce que les gens sont rapidement malades de façon sévère. Ça peut aller jusqu’à la défaillance respiratoire ou la mort. »

Il juge qu’aucune précaution particulière n’est nécessaire pour les gens qui envisagent de voyager dans les prochaines semaines. « Ça ne devrait pas vraiment affecter la vie quotidienne des Québécois ou des Canadiens », dit-il.

En revanche, les propriétaires de chalet doivent se méfier des rats et des autres rongeurs lorsque vient le temps d’effectuer leur grand ménage du printemps. 

« Les facteurs de risque sont les contacts avec des matériaux contaminés par les rongeurs, donc par des selles ou des urines. Par exemple, lorsqu’on va ouvrir le chalet au printemps et qu’il y a eu beaucoup de rongeurs, c’est à ce moment-là, en balayant et en émettant dans les airs tout ce matériel accumulé, qu’on s’expose », explique le Dr Yansouni. 

Pour cette raison, il suggère le port d’un masque de protection respiratoire comme le N95, bien connu depuis la pandémie de COVID-19, il y a six ans.