Un premier roman pour l’auteure Jenn Greenwood

Christophe Moquin | 30 avril 2026 | 13:30

L’auteure Jenn Greenwood, originaire de Saint-Luc de Matane et enseignante sur la Côte Nord, a sorti dernière son premier roman, Between the notes. Pour l’occasion, nous nous sommes entretenus avec elle.

Ce roman suit le claviériste du groupe de rock progressif Anthelia, Charles Yates, en 1981, devant faire une tournée, à la suite de l’insuccès du dernier album du groupe. En plus de ne pas être emballé par le projet, une journaliste, Andy Talor, suivra le groupe durant l’entièreté de la tournée. L’on suit donc ces deux personnes dans cette aventure.

Entretien avec Jenn Greenwood

Pourquoi les années 80 ?

« Je suis un enfant des années 80. Je suis né en 78, j’avais trois ans en 81, je ne peux pas dire que j’ai des souvenirs de 1981, mais, c’est une époque que j’aimais beaucoup, puis je suis très dinosaure dans la vie. Je ne suis pas quelqu’un qui apprécie beaucoup l’époque des réseaux sociaux. Je n’ai pas de téléphone cellulaire encore et j’essaie de ne pas en avoir encore le plus longtemps possible.

Je trouvais que c’était une belle époque. C’est une époque où les gens étaient obligés de se regarder dans les yeux pour se parler, puis c’est très différent de ce qu’on a maintenant. Il y a souvent une nostalgie de cette époque, qui n’est pas nécessairement toujours fondée, mais ça fait du bien on dirait, quand on mentionne les années 80, les gens font : ah oui, c’est vrai, c’était le fun les années 80. Donc, c’est plus avec ce sentiment que je l’ai écrit, mais je ne me voyais pas écrire, je ne sais pas si je serais capable d’écrire quelque chose qui est vraiment récent. Probablement que, si j’écris autre chose, ça resterait quand même dans le passé, et probablement avant Internet ».

Quelles ont été les inspirations ?

« Le progressif, c’était la base de tout. Moi, je suis une maniaque de musique, j’aime la musique anglophone, j’aime la musique francophone aussi, parce que, j’ai une chaîne YouTube spécialisée là-dedans. J’aime la musique en général, et le progressif, puisque c’est une romance, et que se n’est pas un milieu que les filles connaissent beaucoup, c’est très masculin, c’est un milieu que je voulais aller chercher, parce que c’est quand même un milieu théâtral. La musique est hyper intéressante. Ça l’a été mon inspiration principale ».

Quelle est l’histoire de la création de ce roman ?

« C’est un projet que j’ai fait avec mes élèves, je suis enseignante en anglais. La première année que j’ai fait le programme d’anglais intensif, j’ai fait un projet avec mes élèves, où il fallait qu’ils écoutent une chanson, la chanson a beaucoup de musique, peu de parole, et qu’ils écrivent un petit texte sur ce qu’ils voyaient dans leur tête pendant qu’ils écoutaient la chanson.

Il y a une élève qui est venue me voir et qui m’a demandé : toi, qu’est-ce que tu vois dans ta tête quand tu l’entends cette chanson ? Et, ça m’a porté à réfléchir. C’est la base qui est devenue Between the notes. Sinon, ça date quand même de plusieurs années, en 2009, ça l’a cogité pendant un bon bout de temps avant de finir sur papier avec la pandémie en 2020 ».

En terminant, quels sont les enjeux de la création et de l’édition d’un roman ?

« Il y en a beaucoup en fait. C’est d’essayer de faire sa place. C’est ce qui est le plus difficile, c’est un milieu qui est extrêmement saturé. Il y a beaucoup de gens qui essaient d’être publiés. Il n’y en a pas beaucoup qui réussissent, je dirais exploit, mais pas dans le sens vantard, plus dans le sens de se rendre jusqu’au bout du processus, parce que c’est un processus qui est long. On apprend la patience, l’humilité très rapidement.

À partir du moment où je l’ai commencé, à partir du moment où il a été publié, ça a pris presque six ans. Donc, c’est beaucoup de démarches et il faut être très persévérant et avoir, quelque part, une tête de cochon, je pense. Il faut vraiment décider qu’on se rend jusqu’au bout du processus, parce que c’est très facile d’abandonner en cours de chemin. Il y a tellement d’obstacle et de temps.

Je ne regrette pas du tout de mettre rendu au bout du processus, mais c’est très long. Ça a donné un résultat dont je suis très fier ».