Dans le monde du rodage | Entretien avec l’humoriste P-A Méthot

Christophe Moquin | 28 septembre 2026 | 06:56

L’humoriste P-A Méthot était de passage à la salle Jean-Cossette d’Amqui, le 26 septembre dernier, pour proposer aux Matapédiens deux spectacles dans le cadre du rodage de son nouveau matériel.

Lors de cette journée, notre équipe s’est entretenue avec l’artiste.

Entretien avec P-A Méthot

Quel est ton processus de création quand vient le temps de penser un spectacle puis d’arriver dans cette période de rodage ?

« Je travaille avec les mêmes gens depuis longtemps, Marc Gélinas, mon metteur en scène, Louis Philippe Rivard, qui fait la script-édition. Pour ce show-là, c’était différent des deux premiers, parce qu’on ne savait pas qu’on retournerait en tournée. J’avais, pendant ma pause de quatre ans, écrit beaucoup d’affaires, mais j’en avais trop. On a fait un ménage là-dedans, puis on a décidé de partir en rodage dans ce que je connaissais le mieux, le stand-up : une bouteille d’eau, un micro, c’est tout.

La réponse est hallucinante, ça n’a aucun sens. Puis, le rodage, ce qui est le fun, c’est que chaque soir, tu vois une amélioration, pour arriver à la première avec le show le plus sur la coche possible.

Je ne fais pas tant de rodage que ça. Je fais à peu près une vingtaine de dates de rodage. Il y en a qui en font 50, 60, j’en fais un peu moins, parce que j’aime ça avoir un pied dans le vide, pas trop savoir où je m’en vais, puis des fois, être capable de changer des affaires en cours de route ».

En période de rodage, est-ce que la date butoir de la première plane autour de toi plus elle approche ?

« C’est plus mon metteur en scène qui va me dire qu’on est proche. Moi, en rodage, je fais les numéros qu’on a écrits. Ils ne sont peut-être pas dans cet ordre durant le show officiel, mais j’essaie de ne pas penser à ça.

Je suis bon à faire des jokes. Le reste, c’est eux qui gèrent ça. Plus on va approcher du 3 novembre, plus que c’est sûr, je vais être un peu nerveux, mais en même temps, je suis confiant.

C’est plate, une première. Ce sont des gens de l’industrie qui sont là, les journalistes sont là, tu as un sentiment de faire plaisir à tout le monde, alors qu’il faut que tu te concentres uniquement sur les gens qui vont venir voir le spectacle ».

Faire deux spectacles la même journée, avec quelques heures d’intervalle entre les deux, est-ce que ça apporte une préparation supplémentaire ?

« Il y a 15 ans, je t’aurais fait ça les deux doigts dans le nez. Aujourd’hui, à 52 ans, avec une santé qui est moins ce qu’elle était, je me couche de bonnes heure la veille, ce n’est pas moi qui conduis, j’essaie de me reposer le plus possible. Entre les deux, ne pas manger trop, aussi. J’essaie de ne pas penser au deuxième show quand je fais le premier, parce que sinon tu réfléchis, et ce n’est pas bon de réfléchir (rire). C’est niaiseux de dire ça, mais c’est vrai que ce n’est pas bon de réfléchir trop ».

Tu es un habitué de Diffusion Mordicus et de la salle Jean-Cossette, tu viens depuis le début de ta carrière. Quel est ton rapport avec la salle ?

« Les mollets de Michel [Coutu]. Tu sais que j’ai parti un monstre avec ça. C’est épouvantable, chaque fois que je vois qu’un artiste vient ici, je demande de parler des mollets à Michel.

Michel, c’est vraiment beaucoup pour moi ici. On a eu une relation de confiance dès le début, il m’a prit avant bien d’autres. Quand tu réussis à construire des relations avec des diffuseurs, des programmeurs, tu as hâte de les voir. Ça rajoute au plaisir de faire ce métier.

J’adore venir à Amqui, j’ai toujours aimé venir ici, puis le public est écœurant. On est en Gaspésie, puis le réseau des salles, ce sont tous de belles petites salles, pas des salles de 1500 comme en ville, mais ce sont les diffuseurs, ceux qui sont là, qui font une grosse différence. L’accueil, la manière dont les salles sont installées, sont équipées, c’est ce qui fait toute la différence ».