Résumé du débat électoral à Matane

Christophe Moquin | 23 septembre 2026 | 08:12

Ce 22 septembre s’est tenu un débat électoral en compagnie de quatre candidats de la circonscription de Matane-Matapédia-Mitis.

Gabriel Plante, de Québec Solidaire (SQ), Henry Maclaren, de l’Équipe Christine Fréchette – Coalition Avenir Québec (CAQ), Michel Lefrançois, du Parti Démocratie directe du Québec (DDQ), et Pascal Bérubé, du Parti Québécois (PQ), au Cégep de Matane, ont échangé sur quatre grands sujets, lors du débat animé par Denis Lévesque, directeur général de la chambre.

Le développement de la région

Pour l’industrie de la forêt, M. Maclaren veut trouver des solutions avec les partenaires du milieu. M. Plante souhaite maintenir les emplois, mais a indiqué que cela est difficile dans la situation actuelle. Il veut requalifier les travailleurs mis à pied pour rester dans la région s’il ne peut maintenir l’emploi. M. Bérubé se dit optimiste et veut travailler sur la préservation des emplois, sans se tourner vers un plan B.

Les coupures dans les hôpitaux furent aussi mentionnées. La CAQ veut former plus de médecins pour qu’ils restent en région et met l’accent sur la régionalisation de l’immigration, un point avec lequel QS est en accord. De plus, QS, DDQ et le PQ souhaitent se pencher sur l’attractivité de la région pour ces corps de métier.

Pour l’agriculture, la CAQ veut protéger la gestion de l’offre face à la guerre tarifaire des États-Unis, QS souhaite créer un maillage entre les étudiants en agroalimentaire du Québec, qui ne trouve pas de terres abordables en ville, et les agriculteurs qui ne trouve pas d’acheteur pour leur terre en région, DDQ veut alléger le fardeau des dépenses des agriculteurs et le PQ souhaite encourager les circuits courts, ainsi que considérer le rôle de la ruralité à l’Assemblée nationale du Québec.

Le projet de restauration du Port de Matane fut aussi questionné. Henry Maclaren veut continuer de mettre de l’argent des infrastructures, Pascal Bérubé entend rester partenaire du projet et Gabriel Plante veut travailler à embaucher de la main-d’œuvre.

L’environnement

Pour contrer les effets côtières de la région, M. Plante propose d’aller vers des solutions naturelles afin de ralentir l’érosion. M. Bérubé a dit avoir travaillé sur plusieurs dossiers et vouloir continuer de le faire. M. Lefrançois et M. Maclaren proposent, tous deux, d’investir dans les projets sur l’environnement. M. Maclaren a aussi ajouté vouloir communiquer avec les différentes MRC pour déceler les enjeux locaux.

De plus, pour mettre en place les moyens pour atteindre les cibles de réductions de gaz à effet de serre (GES), sans encore repousser la date butoir, la CAQ veut investir dans les énergies renouvelables et QS ont plusieurs propositions, dont le transport en commun, ainsi que pénaliser les entreprises trop polluantes. Le PQ veut modérer les procédés industriels des usines.

Pascal Bérubé a aussi mentionné être en différence d’opinions avec d’autres candidats. Il affirme ne pas renoncer aux forêts, car elles génèrent de la biomasse, Gabriel Plante ayant dit vouloir sortir de l’économie extractive minière et forestière.

L’économie

L’apport des travailleurs étrangers fut l’un des points discutés dans le volet de l’économie. Pascal Bérubé est revenu sur l’importance de la régionalisation des immigrants, un aspect de Gabriel Plante a aussi mis de l’avant, ajoutant que QS souhaite abolir le permis de travail fermé. Michel Lefrançois veut faire donner les services nécessaires pour garder les travailleurs étrangers dans la région et Henry Maclaren mise sur la francisation des personnes immigrantes.

De plus, l’imposition des tarifs étatsuniens a été abordée. La CAQ veut continuer de soutenir les PME et QS veut mettre en place une provision Trump d’un milliard par année pour sécuriser l’économie. Pour la première fois du débat, Pascal Bérubé a mentionné son indépendantisme et a déclaré qu’un Québec indépendant donnerait à l’État québécois les pleins pouvoirs décisionnels.

Les enjeux sociaux

Pour la crise du logement, les quatre candidats souhaitent investir dans des logements abordables, dont un contrôle des loyers chez QS. La population vieillissante fut aussi évoquée, la CAQ voulant augmenter l’aide à domicile et le PQ voulant se focaliser sur les logements sociaux pour les aînés.

Afin d’améliorer les services aux élèves du primaire et du secondaire, la CAQ et le PQ veulent se pencher sur la santé mentale des jeunes et améliorer les infrastructures. DDQ souhaite donner des services aux élèves pour contrer le décrochage scolaire et QS veut bonifier la qualification du personnel, ainsi que permettre d’avoir un technicien en éducation spécialisée dans chaque classe en tout temps.

Il fut aussi question d’atténuer la disparité des Cégeps en ville par opposition aux régions. Pour ce faire, M. Bérubé et M. Plante ont tous les deux mentionné la préservation des programmes exclusifs pour garder les jeunes dans les Cégeps de la région, un point que M. Maclaren a aussi énoncé. M. Lefrançois a, quant à lui, répondu qu’il faut que les Cégeps puissent donner leurs enseignements particuliers.

L’enjeu de la précarité menstruelle fut aussi des thèmes abordés. QS et DDQ prônent la gratuité. Henry Maclaren veut travailler avec les citoyens pour avoir des mesures. Pascal Bérubé appel à avoir un réflexe par les institutions, comme l’a eu l’organisme Espace famille, qui met à disposition des produits d’hygiènes et de contraceptions dans les toilettes.

Finalement, pour la langue française et la culture, QS, DDQ et le PQ veulent renforcer la loi 101. La CAQ souhaite protéger la langue française par le système de francisation.

Période de questions

À la fin du débat, les citoyens étaient invités à poser leurs questions.

Parmi les sujets qui n’avaient pas été discutés, les candidats furent questionnés à savoir si, selon eux, l’enjeu d’égalité entre les hommes et les femmes au Québec était encore d’actualité, les candidats ayant tous répondu que oui.

Une question a porté sur l’accès à l’emploi précaire par l’enjeu de mobilité des personnes en situation de handicap. Les candidats ont tous mentionné que cet enjeu les préoccupe.

Le dossier de l’allongement de l’Autoroute 20 fut aussi questionné. Pascal Bérubé a mentionné que les études étaient faites et qu’il veut aller de l’avant. Henry Maclaren mentionna que des études supplémentaires seront réalisées. Gabriel Plante, quant à lui, mentionna que QS ne va pas prolonger l’Autoroute 20, mais sécuriser la Route 132.

Il fut demandé aux candidats qu’elles seraient leur engagement pour le milieu communautaire. Henry Maclaren et Michel Lefrançois veulent tous deux s’asseoir avec le milieu pour trouver des solutions des enjeux des organismes. Pascal Bérubé veut prioriser la prévisibilité avec un financement de base. QS veut une réforme du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) pour du financement plus prévisible.

Finalement, la loi de la laïcité (loi 21) fut aussi des questionnements, mentionnant qu’elle discrimine les femmes musulmanes. Le PQ et la CAQ souhaitent abolir la loi 21, tandis que QS souhaite renverser la loi, un renversement que DDQ prône aussi.

Parmi les absents de ce débat, il est recensé Patrice Caron, candidat du Parti Conservateur du Québec (PCQ), qui a décliné l’invitation par courriel, et André Côté, candidat du Parti Libéral du Québec (PLQ), les organisateurs n’ont eu aucun retour du Parti.