Les bureaux de protection de la Faune de Causapscal et de Chandler sont menacés, créant des inquiétudes dans le milieu

Christophe Moquin | 29 avril 2026 | 12:21
De gauche à droite : Martin Perreault, président du Syndicat des agents de protection de la faune du Québec; Odile Roy, mairesse de Causapscal; Pascal Bérubé, député Matane-Matapédia; Chantale Lavoie, préfète de la MRC de La Matapédia.

L’avenir des bureaux de protection de la Faune, à Causapscal et à Chandler, est menacé. Un point de presse fut organisé aujourd’hui (29 avril) au bureau de Causapscal, dont le bail se termine en février 2027, pour envoyer un message, à la ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Pascale Déry, celui ne pas fermer ces bureaux et faire en sorte d’avoir des ressources sur le territoire pour le protéger et le surveiller.

Le bureau de Causapscal est le premier au Québec et date du 19e siècle. « Il y a une longue tradition qui va se terminer. En 2017, il y avait huit agents de protection de la faune. Aujourd’hui, il y en reste qu’une seule (…). Faire des compressions sur la protection de la faune, sur notre territoire, c’est une mauvaise nouvelle pour notre communauté (…) et c’est une bonne nouvelle uniquement pour les braconniers », dénonce Pascal Bérubé, député provincial de Matane-Matapédia.

« C’est quoi qui va être impacté s’il ne reste qu’une personne ? C’est le service que vous avez le droit d’obtenir. Le territoire doit être couvert partout au Québec, on est engagé par le gouvernement du Québec, on doit couvrir le territoire au complet. Ce n’est pas juste avec une personne, malgré qu’elle peut faire le meilleur travail qu’on attend d’un employé de l’État. Elle ne peut pas patrouiller et faire tout le travail seule », ajoute Martin Perreault, président du Syndicat des agents de protection de la faune du Québec.

Dans les trois dernières années, les opérations majeures provinciales ont été effectuées en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent. « Ce n’est pas normal qu’on commence à sabrer ici, dont deux bureaux déjà dans le secteur », indique Martin Perreault.

« Je suis très conscient que je suis un député de chasseurs et de pêcheurs, et qu’on a une richesse exceptionnelle autour de nous, qui est notre faune. Il faut la protéger, pour s’assurer qu’on puisse en bénéficier encore longtemps, pour les gens d’ici et nos visiteurs qui l’apprécient. Pour ça, ça prend des professionnels de la faune, des agents et des agentes de protection de la faune, qui sont sur le territoire, pour s’assurer qu’on respecte les règles, puis qu’on s’assure que la ressource est là pour longtemps », ajoute Pascal Bérubé.

Des conséquences dans la région

Cette fermeture causerait des enjeux pour le territoire et les retombées économiques de la région, le territoire comprenant la Zec Casault, la CGRMP et la zone un et deux de chasse.

« Effectivement, il ne faut pas que notre bureau ferme, parce qu’on n’en a besoin », mentionne Odile Roy, mairesse de Causapscal. « On va travailler très positivement en collaboration (…) Pour Causapscal, pas encore une fermeture (…). C’est assez ».

Une résolution fut prise, à la MRC de La Matapédia, pour s’opposer à cette fermeture. « Je ne sais pas si les gens qui prennent ces décisions sont déjà venus visiter La Matapédia, ont déjà parcouru La Matapédia. Il verrait probablement qu’on est entouré de forêt, que le roi de la faune, de la chasse, notre orignal, ainsi que le roi saumon, le roi des rivières, est aussi dans sur notre territoire (…). On veut, non seulement, accueillir les gens cette année, cet été, mais on veut les accueillir sur du long terme. Alors, il faut s’assurer que les lois, les règles soient bien respectées », mentionne Chantale Lavoie, préfète de la MRC de La Matapédia.

Chandler est dans le même bateau

Chandler fut la première place avec une annonce de fermeture officielle, un test qui n’a pas fonctionné.

« La pression populaire a fait en sorte qu’hier, en fin de journée, comme par hasard, la députée de Bonaventure a annoncé que oui, on allait sauver le bureau pour une autre année. Mais, ils ont dit la même affaire l’année passée », énonce Pascal Bérubé.

Une conférence de presse est organisée, à ce bureau, cette après-midi.

Plus d’une vingtaine de municipalités sont dans cette position ou sont susceptibles de l’être au Québec. « Tout le monde est inquiet, car il n’y a pas un bureau qui n’est pas susceptible de fermer ou d’être relocalisé (…). Causapscal, ça fait deux ans que c’est sur le respirateur artificiel, Chandler la même chose », conclut Martin Perreault.