Vers une aire protégée pour la Zec des Anses de Chandler

La communauté de Chandler se mobilise afin de faire de la Zec des anses une aire protégée.

Le conseil municipal a adopté une résolution pour demander à Québec de prolonger de deux autres années le moratoire sur les coupes forestières qui devait se terminer en 2023.

« C’est une façon de faire pour s’assurer d’aller de l’avant avec le projet d’aire protégée qui sera mise en place, en faisant en sorte d’avoir une prolongation du moratoire et de ne pas avoir des projets de coupe qui viendraient mettre des bâtons dans les roues du projet », explique le conseiller municipal, Pier-Luc Arsenault.

En 2021, des coupes forestières étaient prévues sur le territoire, une décision que le conseil de Chandler avait dénoncé à l’époque la qualifiant « d’aberrante ».

Sur le site se trouvent la source d’eau potable de la Ville de Chandler, des cédrières de plusieurs centaines d’années dont certains spécimens ont un diamètre d’un mètre et des érablières.

À l’époque, les dirigeants de la ZEC avaient toujours cru qu’une zone d’exploitation contrôlée était à l’abri de l’exploitation forestière.  

Le ministère des Forêts indiquait en 2021 que l’exercice de coupe aurait permis de « rajeunir » la forêt sur 670 hectares sur 16 000 hectares du secteur.

Le ministère affirmait à l’époque qu’il n’y avait pas d’espèces floristiques rares. Le temps et la caractérisation du terrain ont démontré le contraire.

« On a des arbres centenaires, des cédrières multi-centenaires, on parle de 400, 500, même 600 ans dans un secteur qui a toujours été exploité pour son bois. C’est exceptionnel », mentionne M. Arsenault.

« La caractérisation a permis de ressortir de nombreuses plantes rares comme le calypso bulbeux ou le cypripède royal. On était ignorant de notre territoire. Des milieux humides, certaines espèces amphibiens, beaucoup d’espèces dont certaines sont à statut précaire. Il fallait aller plus loin, c’est-à-dire prolonger le moratoire et démontrer le potentiel pour une aire protégée », ajoute le conseiller.

SNAP Québec et le Conseil régional en environnement Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine s’impliquent maintenant dans le dossier.

« SNAP Québec a pris une partie du dossier avec son expertise autant au niveau des connaissances des écosystèmes que du financement possible de ces projets, la ZEC des Anses qui développe son expertise et le CREGÎM avec un chargé de projet qui va être responsable d’aller de l’avant avec ce projet. On n’est plus dans le brouillard. On s’en va avec un programme clair pour aller de l’avant », indique M. Arsenault.

Cette annonce survient au moment où se tient à Montréal la COP-15, la conférence des Nations unies sur la protection de la biodiversité.

« Ça va de pair et ce sont des projets concrets qui se trouvent sur notre territoire, à 15 minutes du centre-ville. On s’approprie du territoire et on vient faire un lien avec la protection de la biodiversité. Ce n’est plus de la poudre aux yeux. Avec ce qu’on fait, c’est une bonne démonstration et j’espère que ça va prendre de l’ampleur », conclut M. Arsenault.