Vaccination obligatoire reportée dans la santé : les syndicats au CISSS de la Gaspésie peu surpris

Les syndicats représentant les travailleurs du CISSS de la Gaspésie sont à demi surpris après l’annonce du report d’un mois de la vaccination obligatoire par Québec.

Le ministre Christian Dubé a pris cette décision, confronté au risque de voir le réseau aux prises avec une pression insoutenable. La date est maintenant fixée au 15 novembre.

Le syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est-du-Québec (SIIIEQ) estime entre 70 et 75 membres sont touchés par l’obligation.

Craignant des ruptures de service, le président du SIIIEQ, Pier-Luc Bujold, parle d’un geste logique, d’autant plus que le CISSS ne pouvait pas lui donner les impacts de la mesure.

« Un fait très intéressant, c’est que le gouvernement vient une fois de plus de reconnaître qu’il y a des problématiques dans le réseau. L’heure est grave. Le gouvernement doit agir rapidement pour retenir et attirer des gens dans le réseau », souligne M. Bujold.

De son côté, la CSN qui représente notamment les préposés aux bénéficiaires, les employés techniques et de maintenance estime qu’une quarantaine de ses membres ne sont pas vaccinés.

Le président régional de la catégorie 2, Pierre-Luc Boulay, note que l’imposition dès vendredi aurait été dramatique car le CISSS aurait dû combler les postes de préposés au privé par ceux du public.

« Ce qui inquiétait les membres, autant les vaccinés que les non vaccinés, c’était la surcharge de travail additionnelle dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre », souligne le syndicaliste.

M. Boulay favorise depuis le début la vaccination, mais le concept d’obligation le titille.

À l’APTS, on se dit davantage surpris. Le syndicat qui représente notamment les technologistes médicaux et les travailleurs de la DPJ n’est pas en mesure de chiffrer les impacts pour ses membres.

« Une personne de moins dans le réseau, ce sont des services en moins pour la population. Est-ce qu’on avait le moyen de perdre des salariés-là ? La réponse, malheureusement, c’est non », souligne la porte-parole du syndicat, Jenny Tardif.  

Un peu plus de 200 personnes ne seraient toujours pas vaccinés au CISSS de la Gaspésie.

Parmi les autres mesures annoncées par le ministre, le personnel qui n’est pas adéquatement vacciné devra subir un minimum de trois tests de dépistage de la COVID-19 par semaine, autant dans le public qu’au privé, dès lundi.

Ces travailleurs ne pourront toucher les primes COVID ainsi que la prime de 18 000 $ aux infirmières.

Ils toucheront leurs primes s’ils se font doublement vacciner au cours des 30 prochains jours.

Le CISSS réserve ses commentaires pour le moment.