Un prix d’excellence du Conseil du patrimoine religieux pour la réalisatrice de Gaspé Dasha Vymetalova

La productrice et réalisatrice Dasha Vymetalova reçoit un prix d’excellence du Conseil du patrimoine religieux du Québec dans la catégorie Mise en valeur pour son documentaire D’hier à demain – nos églises.

Avec sa maison de production Dá Média, Mme Vymetalova présente à travers 10 épisodes la problématique de la transformation et de l’avenir des lieux de culte sur la pointe gaspésienne, de Grande-Vallée jusqu’à Grande-Rivière.

Les nombreux spécialistes dans différents domaines et l’intégration d’images saisissantes de bâtiments de grande valeur constituent une belle initiative pour ce réseau de diffusion.

« J’ai été touchée par plusieurs entrevues à l’époque où on entendait vraiment le cri du cœur. Je me suis dit que ce serait intéressant de partager leurs opinions et réflexions avec le grand public. C’est pourquoi je me suis dit que ce serait intéressant de faire cette série de documentaires », explique la réalisatrice.

Le budget de production limité a amené Mme Vymetalova à choisir de se concentrer sur la pointe gaspésienne en présentant neuf temples et un presbytère.

« J’ai voulu démontrer les difficultés au début lorsque les communautés sont en réflexion, mais j’ai voulu aussi montrer les possibilités de reconversion. C’est pourquoi on montre l’église de l’Anse-au-Griffon où le projet est avancé ou encore les églises déjà transformées. Je voulais montrer la lumière au bout du tunnel », raconte la réalisatrice.

« Je suis extrêmement émue de recevoir ce prix national. C’est un grand honneur. J’aimerais l’offrir à toutes les communautés et les paroisses qui sont en train de rechercher la solution pour la reconversion de leurs églises », explique-t-elle simplement en recevant son prix dimanche à l’église de l’Anse-au-Griffon, qui sera transformée en centre communautaire.

Pour Patrimoine Gaspésie, c’est l’occasion de tenir une réflexion sur le sort des temples religieux qui ont été des phares pour les communautés.

« Mais on sait qu’on ne pourra pas tous les conserver. La meilleure façon de les conserver, c’est de leur donner une seconde vie. Certaines vont garder un endroit comme lieu de culte. Il faut quand même malgré qu’on désacralise une église garder un devoir de mémoire pour qu’on se rappelle que ces bâtiments ont servi durant des générations comme endroit de culte », justifie son président, Jean-Marie Fallu.

L’exemple de l’Anse-au-Griffon en est un bon pour l’avenir, indique M. Fallu.

La protection du patrimoine doit être supportée par les villes dans un premier temps. Il sent qu’elles sont prudentes dans ces dossiers.

« Chaque ville, comme la ville de Gaspé, devrait se donner un plan de développement en matière du patrimoine. On n’a jamais eu ça. Avec les années qui viennent, il y aura des éléments du patrimoine bâti à préserver. Déjà en amont, se donner un plan pour mieux préserver et mettre en valeur avec les communautés des éléments de notre patrimoine bâti. Sinon, on réagit plutôt qu’agir », mentionne M. Fallu.

« L’Église va changer de modèle. Elle va devenir autre. On est dans un bâtiment qui va devenir autre. Il pourra continuer d’être accueillant pour les paroissiens, mais il va vivre avec une autre vocation. Il faut arriver un peu partout à ça dans tout le diocèse. C’est même partout au Québec. Il faut chercher à faire en sorte que nos bâtiments bâtis par la population locale puissent être conservés dans la mesure du possible ou devenir autre chose, mais au moins, que ça serve à la population », mentionne Mgr Gaétan Proulx qui se trouvait sur place pour la remise du prix du Conseil du patrimoine.