Rail : une date réclamée à Québec pour atteindre Gaspé

Solidarité Gaspésie et le Comité de citoyens de Gaspé pour le développement s’unissent pour réclamer de Québec une date pour la réfection complète de la voie ferrée entre Matapédia et Gaspé.

Avec en mains un document de 60 pages de l’ex-député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, qui dresse un constat éclairé sur ce qui a été fait et les impacts de l’absence du rail dans la région, les groupes veulent de l’action.

Présentement, les trains de marchandise ne peuvent circuler qu’entre Matapédia et Caplan. L’impact est considérable alors que Ciment McInnis de Port-Daniel-Gascons doit transporter son produit par camion à un terminal de New Richmond pour ensuite circuler sur le rail.

L’usine LM Wind Power de Gaspé doit envoyer des pales de 50 mètres le long sur plus de 200 kilomètres de route avant de pouvoir les charger sur un train vers les États-Unis.

De plus, les trains de passagers de Via Rail ne circulent plus depuis pratiquement une décennie.

Québec, propriétaire de la voie ferrée depuis 2015, avait annoncé en février de nouveaux délais pour la réparation : de 2022 à 2024 pour le tronçon Caplan-Port-Daniel-Gascons et ne peut plus donner d’échéancier pour Gaspé alors que la cible était 2025 en raison de plusieurs enjeux techniques.

« On a réussi à investir 7 milliards $ sur le projet de REM à Montréal en trois ans et on n’a pas réussi à dépenser 200 millions $ en sept ans sur le train gaspésien », affirme M. Lelièvre qui questionne la réelle volonté politique de Québec d’agir promptement dans ce dossier.

Les acteurs sur place n’ont pas manqué de rappeler qu’il faudra plus de temps pour rénover le rail que sa construction au tournant des années 1900 sans les moyens technologiques disponibles aujourd’hui.

« On exige du gouvernement un échéancier précis et ferme », lance le porte-parole de Solidarité Gaspésie, Carol Saucier, applaudi par la quarantaine de personnes qui a assisté à la présentation publique du rapport à la gare intermodale de Gaspé.

« L’absence de résultats satisfaisants dans le dossier du chemin de fer gaspésien relance l’importante question de la place des régions versus celle des grands centres au niveau de la vision et des priorités gouvernementales », selon M. Lelièvre qui rappelle notamment une déclaration de la députée-ministre fédérale de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine à CHNC le 30 mai dernier qui disait qu’elle allait le croire quand elle verra le train arriver en gare à Gaspé.

Le document évoque des enjeux de développement mais aussi environnemental.

On peut y lire dans le rapport qu’un train de 50 wagons avec deux personnes remplacerait 100 camions « alors que le train génère en moyenne six fois moins d’empreinte carbone que le camionnage », soutient Solidarité Gaspésie.

Le 5 mai 2017, les libéraux avaient débloqué un premier 100 millions $ pour sa réfection en promettant d’atteindre Gaspé en 2022.

En août 2019, le premier ministre François Legault avait ciblé 2025 pour Gaspé et l’enveloppe était passée à 235 millions $ en 2020.  

Afin d’accélérer la cadence, le groupe demande que la gestion du projet soit ramenée de la Société québécoise des infrastructures vers le ministère des Transports et la Société du chemin de fer de la Gaspésie qui avaient géré la réfection du tronçon Matapédia-Caplan.

Dans l’attente d’un rail entièrement renouvelé, la coalition demande à tout le moins une réfection de la voie entre Gaspé et Percé afin de permettre au train touristique l’Amiral de circuler, notamment pour la clientèle des croisières internationales.

La Table des préfets avait adopté une résolution en février pour avoir une date précise pour la fin des travaux jusqu’à Gaspé.

Des réactions

Cette sortie de cette nouvelle coalition a suscité plusieurs commentaires, notamment ceux de la députée de Gaspé, Méganne Perry Mélançon qui mentionne que la région est dans le néant depuis février au moment où Québec a effacé Gaspé du calendrier des travaux.

Elle pose des exigences.

« Avoir plus de transparence, de créer des sous-comités qui vont faire le suivi de la réalisation des travaux et d’avoir un échéancier fixé pour Gaspé », demande la députée sortante.  

L’entrepreneure Claudine Roy fait souvent la navette entre Gaspé et les grands centres.

Son constat est sans appel.
« Depuis toujours, je fais la promotion de la Gaspésie, développer notre tourisme. Moi, je n’ai jamais vu notre système de transport si affaibli que présentement en 2022 », mentionne-t-elle, ajoutant la situation du transport aérien, par autocar et le mauvais état du réseau routier entre Sainte-Anne-des-Monts et Gaspé.  

Le train est la meilleure solution pour l’environnement pour Ensemble pour l’avenir durable du Grand Gaspé.

« Dans l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre, on parle d’émissions de 3 à 4 % pour le rail alors que pour les autres modes de transport, c’est entre 45 et 47 % », souligne sa présidente, Lise Chartrand.