Rail à Gaspé : l’imprévisibilité fait encore réagir

Il pourrait s’écouler « entre cinq et 10 ans » avant qu’un train ne se rende au terminus de Gaspé.

C’est ce qu’a échappé en douce la présidente-directrice générale de la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie lors d’une conférence de presse, lundi, à Gaspé, pour annoncer un investissement de près de 7,8 millions $ au quai de Sandy Beach.

« Je ne crois pas que le train, pour l’instant, c’est prévu peut-être d’ici cinq à 10 ans. L’antenne du quai est reliée au chemin principal. Il faut d’abord que la section principale soit terminée. Mais on voudrait que l’antenne soit reliée au port de Gaspé pour augmenter le transbordement de marchandise à partir du port de Gaspé », répond Anne Dupéré, questionnée sur l’intermodalité entre le rail et le quai.

Une déclaration qui a surpris quelques acteurs présents sur place qui ont relevé que la ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, qui avait fait l’annonce pour le quai, n’est pas intervenue pour corriger la déclaration de la présidente-directrice générale.

Ainsi, la fenêtre évoquée laisse entendre que le premier train à se rendre au terminus de Gaspé n’arriverait pas avant 2027 et au pire, en 2032, ce qui choque la députée de Gaspé, Méganne Perry Mélançon.
« C’est inacceptable, inadmissible qu’on nous reporte encore à ce point-là dans le temps », tonne l’élue qui rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, on parlait de 2025 et que, par la suite, Québec a indiqué ne plus pouvoir mettre de date en raison des enjeux techniques importants.

« Il faut qu’à un moment donné, le gouvernement donne un coup de barre et nous arrive avec un échéancier respectable », ajoute-t-elle.

« Je pense qu’elle est dans la cible gouvernementale dans quatre ans d’ici. On nous a dit que ce serait plus long que quatre ans. Cinq ans ? Six ans ? Sept ans ? J’ai hâte d’avoir un échéancier », commente le maire de Gaspé, Daniel Côté.

Selon lui, les choses débloquent alors que des appels d’offres sont en cours, ajoutant que le projet est reparti de plus belle.

« J’ai hâte de voir un train arriver à Gaspé » lance-t-il.

« Ces chiffres-là n’ont jamais été dévoilés à la Société du chemin de fer », s’étonne le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, Éric Dubé.

Il se dit conscient que ça prendra au moins cinq ans, rappelant que la cible est 2024 pour Port-Daniel-Gascons.
« Connaissance l’ampleur des travaux à faire sur le troisième tronçon. Cinq ans, ça ne me fait pas tomber en bas de la chaise ; dix ans n’a jamais été évoqué à nulle part dans nos discussions avec le ministère », ajoute M. Dubé.

La société et Québec discutent présentement d’une façon d’accélérer les travaux.

« C’est de nous impliquer à la hauteur de ce qu’on est capable de faire. Je pense que c’est une bonne voie qu’on est en train de travailler ensemble pour faire avancer plus rapidement l’objectif de se rendre jusqu’à Gaspé », souligne le président.

Il reste à définir qui pourrait faire quoi.

« On a une expertise et de la main-d’œuvre. On est sur le terrain. Il y a des choses qu’on peut réaliser pour aller plus vite », conclut M. Dubé.

Au cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel, on souligne faire au plus vite et que du travail se fait pour réduire au maximum les délais.