Projet de centre communautaire à l’Anse-au-Griffon : le maire de Gaspé accusé de manquer de leadership

Le maire de Gaspé est accusé de manquer de leadership par la présidente du Comité d’implantation d’un centre communautaire dans l’église de l’Anse-au-Griffon après avoir reçu une offre finale de la Ville.

Le 6 septembre dernier, le maire, Daniel Côté, avait indiqué qu’une offre serait faite au comité, mais la lettre reçue n’est pas satisfaisante.

« On s’attendait à une offre substantielle comme il a été fait à d’autres communautés du Grand Gaspé dans le passé et on se retrouve avec une offre annuelle de 22 000 $ pour les cinq prochaines années. On n’est pas emballé par cette offre », mentionne la présidente, Mireille Bilodeau.

Dans les discussions, la Ville avait lancé l’option « tout ce ne qui coûte rien » en guise d’aide municipale.

« Et cette option a été retenue par la Ville en la prenant comme une finalité alors que pour nous, c’était un élément qu’on mettait sur la table pour initier des échanges », commente la présidente qui s’en prend au leadership du maire, Daniel Côté, dans ce dossier.

« M. le maire, c’est la clef de la solution. Quand on croit au projet, quand on l’a vanté durant sept ans dans des allocutions publiques, on est en mesure d’amener sa nouvelle équipe d’élus à en considérer le bien-fondé et de voter en conséquence. Il n’a pas manifesté ce leadership-là, sinon, on n’aurait pas eu ce résultat », tranche Mme Bilodeau.

Dans la lettre transmise au comité dont magaspesie.ca a obtenu copie, la Ville écrit que lors d’une rencontre le 2 septembre dernier, « le conseil a exposé les raisons pour lesquelles il a refusé de verser une contribution de 450 000 $ et de s’engager à soutenir financièrement le centre pour une hauteur de 60 000 $ par année. Ainsi, vous avez pu constater que les notions d’équité envers les autres centres communautaires, la priorisation des dossiers municipaux dans chaque quartier, les dangers liés à l’explosion des coûts de construction ainsi que l’incertitude liée au montant que le conseil devrait débourser aux différents organismes pour assumer leur loyer et au centre communautaire pour le faire fonctionner ont été soulevées ».

La proposition transmise proposait le renoncement de certains revenus par la Ville dont les taxes municipales, sous réserve de l’acceptation de la Commission municipale du Québec, et de verser l’équivalent de différentes aides à d’autres organismes pour un montant total de 120 000 $ sur cinq ans.

Malgré cette offre jugée inacceptable, le comité ira de l’avant pour la concrétisation du projet, ayant déjà 2 millions $ en banque des gouvernements fédéral et provincial.

« C’est un projet qui est paramunicipal, de communauté et demandé par la population de l’Anse-au-Griffon qui répond à un besoin réel. Nous procéderons », lance Mme Bilodeau.

Ce à quoi la Ville écrit avoir le devoir de rappeler aux administrateurs leur imputabilité personnelle advenant un octroi de contrat dont les dépenses excéderaient les revenus, ajoutant que les enveloppes ministérielles suivent rarement pour s’ajuster à des dépassements de coûts.