Les infirmières réclament une rémunération différente en Gaspésie

Les infirmières de la Gaspésie réclament de Québec des conditions de travail particulières afin d’attirer et de retenir les nouvelles soignantes au CISSS de la Gaspésie dans le cadre du renouvellement des conventions collectives de travail.

Le président du Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est du Québec, Pier-Luc Bujold, rappelle que les établissements de santé de la région sont durement frappés par la pénurie de personnel.

Le CISSS mentionnait encore récemment qu’il manquerait près d’une centaine de soignantes pour être confortable dans son plan de main-d’œuvre.

« On croit fortement qu’il devrait y avoir des avantages pour travailler en Gaspésie. On l’a vu dans la dernière année dans les arrêtés ministériels. Le gouvernement a accordé 20 % de rémunération supplémentaire pour la main-d’œuvre indépendante pour qu’elles viennent travailler en Gaspésie. Mais ça prend des gens qui s’établissent en Gaspésie si on veut régler le problème. Alors pourquoi ces gens qui s’installeraient en Gaspésie pour y travailler et faire virer l’économie locale ne pourraient pas avoir une augmentation par rapport aux autres régions pour justement maintenir et attirer les gens », justifie M. Bujold.

Appelé à préciser le montant qu’il souhaite voir pour la Gaspésie, le 20 % serait bien vu, mais l’aspect fiscalité doit aussi être analysé.

« Ce qui existe ailleurs au Québec, dans les régions éloignées, ce sont les disparités régionales qui donnent droit à des montants si tu es seul, avec une famille ou autre pour attirer les gens dans ces régions et compenser le coût de la vie qui peut être plus élevé relié au transport vers les grands centres. C’est quelque chose à explorer », ajoute M. Bujold qui ajoute que cela fait des années que le syndicat le demande.

L’abolition du temps supplémentaire obligatoire est aussi dans la mire.

« Bien sûr, ça ne peut pas être fait du jour au lendemain. Il faut que des étapes soient franchies, des plans d’action soient faits sur du moyen terme. Mais c’est l’un des objectifs », réclame le syndicaliste.

La fin des agences privées et la conciliation travail-famille sont aussi les autres grands enjeux de cette nouvelle ronde de négociation.

Le syndicat attend le dépôt patronal afin de lancer le processus de négociation quelque part au début de janvier.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, veut améliorer le réseau de la santé et les conditions de pratique des travailleurs. Même s’il exprime sa volonté, le syndicat demeure prudent.

« On a des doutes sur la façon de l’appliquer. Le plan santé, le gouvernement est unilatéral et n’est pas en consultation. Si le gouvernement arrive avec ses idées sans consulter la base, les histoires des dernières années vont se continuer. Le gouvernement doit s’inspirer des gens sur le terrain pour améliorer et non pas arriver avec des lignes directrices », souhaite M. Bujold.

Au niveau local, le changement de garde au CISSS de la Gaspésie avec l’arrivée de Martin Pelletier à la présidence et la direction générale en mai dernier a vu les relations et la collaboration s’améliorer.

« Il faut que ces améliorations de collaboration transcendent sur le terrain. Ce n’est pas chose simple parce que c’est un changement de culture complet qui doit s’opérer », indique M. Bujold.