La loi sur les hydrocarbures marque la dernière session parlementaire de Méganne Perry Mélançon

La question des hydrocarbures a marqué la dernière session parlementaire de la députée de Gaspé à l’Assemblée nationale avant le scrutin provincial du 3 octobre.

C’est ce que répond la péquiste Méganne Perry Mélançon lorsque questionnée sur l’enjeu qui, selon elle, a marqué les derniers mois de son mandat.

Québec a adopté la Loi 21 qui met fin à l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures dans la province. Elle est maintenant contestée devant les tribunaux.

« Ce qui a marqué ma session et qui est un moment fort de mon mandat, c’est vraiment le projet de loi sur les hydrocarbures », lance d’entrée de jeu la députée.

« C’est un coup important parce qu’il faut être des leaders mondiaux. Je trouvais que c’était un signal important que la Gaspésie se mobilise. On peut dire ce qu’on veut, mais la CAQ ne pourra pas dire que ça aura été fait avec ses convictions à elle. Ça a été fait par le travail des gens sur le terrain qui ont démontré qu’on n’était plus là en Gaspésie », ajoute l’élue.

Ressources Utica, qui possède le site Galt près de Gaspé via Gaspé Énergies, demande la nullité de la Loi 21 et en cas d’échec, pourrait réclamer 18 milliards $ à l’État.

Méganne Perry Mélançon demeure prudente puisque le dossier est maintenant devant les tribunaux.

« C’est le projet de loi de la CAQ. Moi, j’avais déposé un projet de loi dans lequel il n’y avait aucune indemnité. Le Centre québécois du droit en environnement nous indiquait que le gouvernement peut aller dans la voie de la fin de l’industrie tant que les intentions sont claires et que l’intérêt collectif peut prévaloir sur le reste », souligne l’élue qui s’appuie sur une analyse juridique.

« Les compagnies vont tenter le tout pour le tout. On verra le test devant les tribunaux. Le gouvernement a déposé ce projet de loi. On a essayé de le renforcer durant son étude détaillée. On verra pour le reste, mais je ne peux commenter davantage », dit-elle.

La mobilisation citoyenne a été importante pour faire avancer les dossiers au cours des derniers mois. La question du manque de logements ou des places en CPE sont des exemples où des levées de boucliers ont été nécessaires.

« Ce n’est pas acceptable de fonctionner comme ça. C’est le résultat d’un gouvernement qui a déjà un mandat fort. Quand on veut mettre l’accent sur un problème, il faut faire de la mobilisation et crier sur tous les toits. C’est comme ça qu’on réussit à les faire bouger », analyse la députée.

« La CAQ tourne les coins ronds. La CAQ a improvisé sur plusieurs gros dossiers : les maternelles quatre ans, les maisons des aînés où on ne calcule même plus les millions supplémentaires projetés. On vit une crise dans le logement, dans les CPE. C’est un gouvernement qu’il faut raisonner », affirme clairement l’élue sortante.

Son autre grand point important était la question des personnes âgées.

L’élue a réalisé une vidéo avec les aînés.

« C’est incroyable ce qu’ils vivent autant au niveau financier que l’accès aux soins de santé. Ce n’est pas facile. À la fin de leur vie, ils se sentent abandonnés par le système. Il y a un sentiment d’injustice généralisé », constate la députée.

Alors qu’elle a réussi à convaincre Québec d’accorder des places en CPE à Grande-Vallée, elle note qu’il y a encore beaucoup d’argent versé au privé pour convertir des places.

Sur la Santé, en Haute-Gaspésie, le CISSS peine à trouver des dentistes dans la clinique communautaire annoncé l’automne dernier.

« Le dossier des Transports est un bel exemple de travail inachevé », souligne Mme Perry Mélançon, citant le rapport récent sur le rail ou encore le plan sur le transport aérien qui ne sert pas les régions.

À quelques semaines des élections, Méganne Perry Mélançon est la seule candidate annoncée par un parti.

« Je trouve ça flatteur. Ça n’a pas l’air facile le recrutement pour les partis. À chaque semaine, il y a des noms différents. Ça n’a pas l’air de se garrocher aux portes de la CAQ pour être candidat. Il y a une raison : la CAQ n’a pas réussi à se démarquer sur le plan régional », explique l’élue.

Elle donne comme exemple la décentralisation des fonctionnaires de l’État.

« La seule promesse faite n’a pas été réalisée et la CAQ l’a bâclée. En Haute-Gaspésie, c’était la priorité numéro 1. C’est la MRC la plus dévitalisée au Québec et aucune annonce n’a été faite pour la Haute-Gaspésie », constate la députée.