Il y a cinq ans, un premier 100 millions $ était annoncé pour réhabiliter le rail

Québec annonçait il y a cinq ans, le 5 mai 2017, un premier 100 millions $ pour réhabiliter le chemin de fer entre Matapédia et Gaspé après en avoir fait l’acquisition en 2015.

L’ex-premier ministre libéral Philippe Couillard s’était déplacé à New Carlisle pour en faire l’annonce.

À l’époque, M. Couillard avait indiqué qu’il ne croyait pas pouvoir se rendre jusqu’à Gaspé. Il estimait même que ceux qui oseraient faire une telle prédiction devraient être congédiés.

« Je suis convaincu que 100 millions $, ça ne nous rend pas à Gaspé. J’espère que ça nous rendra au moins jusqu’à Port-Daniel-Gascons. Mais on n’arrêtera pas à 100 millions $. On va décaisser les sous », indiquait alors le premier ministre.

Malheureusement, cinq ans plus tard, la cible de Port-Daniel-Gascons n’est toujours pas atteinte et les premiers 100 millions $ ont été dépensés.

Le 25 février 2020, l’actuel gouvernement Legault causait « une surprise », ajoutant 135 millions $ dans la cagnotte, une nouvelle que n’avait pas vu venir les élus de la région.  

Québec promettait d’aller plus vite.  

« On veut vraiment accélérer les travaux. On veut s’assurer qu’il y ait assez de fonds pour que la transformation se fasse et que ce soit opérationnel pour 2025 », affirmait à l’époque la ministre responsable de la région, Marie-Eve Proulx.

Mais le décaissement ne se fait pas aussi vite que le souhaitait la Table des préfets de la Gaspésie, au point où une résolution était adoptée pour presser le pas après l’annonce en février dernier que la nouvelle cible pour Port-Daniel-Gascons était 2024 plutôt que 2022 et que la cible de 2025 pour Gaspé ne tenait plus.

Pour justifier ces délais, le ministère des Transports avait évoqué que les études préliminaires de 2019 mises à jour l’été dernier ont amené d’autres enjeux.

Il faudra au bas mot sept ans pour espérer voir un train à Port-Daniel-Gascons.

« On espère juste que la grève des ingénieurs du ministère ne viendra pas rallonger ces délais-là si ça dure trop longtemps », craint le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, Éric Dubé, qui ajoute que ce nouvel accident de parcours n’était pas prévu.

« Ça aura pris des sommes supplémentaires à ce 100 millions $. Il y a eu des annonces faites. L’objectif du gouvernement est toujours de se rendre à Gaspé. Je n’en doute pas. Les défis techniques sont là et encore plus grands », commente M. Dubé.

Après plus de 20 mois de silence, Québec a enclenché en février le processus d’appel d’offre pour le pont du ruisseau Leblanc à Caplan et promettait d’autres appels d’offres d’ici la fin de l’hiver, notamment pour la réalisation de travaux de réhabilitation sur les ponts de la rivière Bonaventure, à Bonaventure, de Shigawake et de la petite rivière Port-Daniel, à Port-Daniel–Gascons.

Toutefois, rien n’est sorti, six semaines après l’arrivée du printemps.

De plus, la voie doit être déplacée sur 1,4 kilomètres à Port-Daniel-Gascons, 10 murs de soutènement doivent être mis en place sur ce tronçon et de la recharge de plage doit être aussi réalisée sur le tronçon Caplan-Port-Daniel-Gascons.   

Il y a deux ans, les ingénieurs affirmaient que les besoins étaient majeurs entre Port-Daniel-Gascons et Gaspé : 24 ponts et 269 ponceaux à réhabiliter, 17 murs de soutènement à refaire et 15 kilomètres de voie près de la mer à protéger ainsi que les failles de Gascons.  Les travaux d’ingénierie sur une trentaine d’infrastructures à réhabiliter ou à reconstruire entre Caplan et Gaspé se poursuivent.  

En plus des 235 millions de Québec, Ottawa a promis 46 millions $ qui serviront aux ouvrages de protection dans le contexte de l’érosion côtière et des changements climatiques sur le 3e segment.

Une étude de la firme Aecon réalisée pour le compte du ministère des Transports évoquait une somme de 300 millions $ pour réhabiliter le rail dans son ensemble entre Matapédia et Gaspé.