Hausse du carburant : les camionneurs artisans veulent une compensation juste de Québec

Tout comme leurs collègues de partout au Québec, la vaste majorité des camionneurs artisans de la Gaspésie ont manifesté à travers la péninsule afin d’obtenir de Québec de meilleures compensations pour le carburant.

Seule exception : ceux de la Côte-de-Gaspé n’ont pas participé au mouvement.

Les routiers ont stationné leurs camions 10 ou 12 roues dans un premier temps devant les centres de service du ministère des Transports, notamment à Sainte-Anne-des-Monts et New Carlisle.

Par la suite, sur le coup de 10 heures, ils se sont rendus devant les bureaux des députés Sylvain Roy et Méganne Perry Mélançon afin de discuter avec eux et leur remettre de la documentation.

L’impact de la hausse du carburant est majeur pour eux.

Présentement, les artisans reçoivent 99,18 $ de l’heure et une prime de 10,14 % en raison du coût du carburant, ce qui représente environ 110 $ de l’heure.

Durant une heure d’opération, un camionneur dépense entre 30 et 40 litres de diesel.

À une moyenne de 35 litres, au taux affiché lundi de 2,559 $ le litre, la facture est de près de 90 $. Si on ajoute le salaire d’un conducteur en moyenne de 23 $ de l’heure, ces deux éléments à eux-seuls coûtent 110 $ de l’heure.

« Vous êtes au même taux que vous gagnez, mais vous n’avez pas payé les frais marginaux, l’usure du camion si vous n’avez pas brisé… Il vous reste quoi ? Ça veut dire que vous travaillez pour 0 $ et vous prenez de l’argent dans votre poche pour travailler. C’est inconcevable », lance le président régional et directeur du conseil d’administration provincial de l’Association nationale des camionneurs artisans, Gilles Brisebois.

Leur message aux élus de toutes les régions du Québec est clair.

« On verra dans l’avenir, mais si le ministre [des Transports, François Bonnardel] ne grouille pas, il se mordra les pouces », avertit M. Brisebois.

Québec donne comme argument que la compensation au carburant aurait dû baisser au début de la pandémie, en avril et mai 2020, ce qui ne s’est pas produit.  

« On s’entend qu’en avril et mai 2020, la planète a été à off. Il n’y a rien qui bougeait à la grandeur de la planète. Que le fuel ait monté ou baissé, ça n’a rien changé. Il se base sur ça pour nous dire qu’il ne peut pas monter nos taux. Ce n’est pas vraiment brillant », affirme le président régional.

Le président du sous-poste de Gaspé, Simon Boulay, préfère ne pas commenter pour le moment l’absence de manifestation sur la Côte-de-Gaspé.

Les camionneurs artisans ont pu compter sur l’appui du député indépendant de Bonaventure, Sylvain Roy, qui qualifie de légitime leurs revendications.

« C’est inadmissible et inacceptable que le ministère des Transports refile l’augmentation des prix du carburant aux camionneurs artisans. Ces gens ont besoin de travailler pour gagner leur vie. Il faut que le ministère réajuste le tir », commente le député, qui lance un nouveau débat alors que les camionneurs des régions sont doublement pénalisés.

« Les camionneurs des régions ont de grandes distances à couvrir pour se rendre sur les chantiers. Ils ont toujours des coûts plus importants pour leur matériel roulant et n’ont pas de bonifications associées à ça », souligne M. Roy.  

Les routiers doivent payer encore davantage alors que le litre de diesel a augmenté à 2,559 $ à Gaspé, lundi midi.  

L’an dernier, à la même date, le litre se vendait 1,206 $ en moyenne, en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.  

(Crédit photo : S.D. Captures, Shannon Day)