Deux conseillers demandent à la mairesse de Percé de se retirer temporairement

Une division apparaît au conseil municipal de Percé sur la situation entourant la mairesse Cathy Poirier et le directeur du service d’Urbanisme, Ghislain Pitre.

Deux conseillers suggèrent à la mairesse de se retirer de la table du conseil, le temps que les enquêtes externe et de l’UPAC soient complétées en lien avec les sérieuses allégations entourant M. Pitre, qui est le conjoint de Mme Poirier.

Ils questionnent sa légitimité à siéger.

« Je pense que présentement, le conseil est divisé. Vous l’avez vu ce soir. Ce serait une bonne chose d’autant plus que les accusations qui sont portées contre le directeur de l’Urbanisme est son conjoint. Il faudrait que la mairesse se retire, le temps de l’enquête. Je pense que l’opinion publique demande ça. Ce serait dans l’intérêt de tous », mentionne Michel Rail à la suite de la séance de mardi soir.

« Il y a toujours pire que le conflit d’intérêt : il y a apparence de conflit d’intérêt. Je pense que la majorité de la population du grand Percé souhaiterait qu’elle se retire. Pas qu’elle démissionne. Qu’elle se retire le temps de l’enquête », ajoute son collègue Yannick Cloutier.

« Le processus n’en sortirait que grandi », poursuit M. Cloutier.

Toutefois, la conseillère Doris Rehel note que M. Pitre n’est accusé de rien et ne voit pas pourquoi Mme Poirier quitterait la table du conseil.

Par ailleurs, au cours de la période de questions des citoyens aux élus, de nouvelles allégations ont été soulevées à propos de M. Pitre.

Trois nouveaux faits ont été portés à l’attention des conseillers : la démolition d’une maison à Cap-d’Espoir dont les débris ont été disposés à l’ancien dépotoir de Val-d’Espoir.

« C’est sous enquête. Carrément. Je ne peux vous en dire plus car en dire plus viendrait corrompre l’enquête. Mais juste le fait que c’est sous enquête, c’est un élément de réponse », répond le directeur général de la Ville, Jean-François Coderre.  

Des véhicules mis en vente par la Ville en 2022 qui se sont retrouvés derrière le garage municipal tout écrasés ainsi que les débris de la démolition du quai de Barachois il y a cinq disposés sur un site inapproprié font aussi partie de l’enquête.

« Pour qu’on procède à une suspension, il a fallu qu’il ait des allégations. Le rôle de l’enquêteur, c’est d’amasser des éléments de preuve. On a voulu faire en sorte qu’en demandant une enquête externe, on évitait les pressions. Les informations recueillies ont été transférées et les enquêteurs vont faire la suite des choses. Dès que je savais qu’il y avait quelque chose, je transférais. Ce qu’on veut, c’est la vérité et on va travailler fort pour l’avoir », mentionne le directeur général.

Il ajoute que l’enquête externe a été lancée et l’Unité permanente anticorruption s’est intéressée au dossier.

« L’UPAC enquête sur ce qui est pénal, criminel, s’il y a preuve et accusation et notre enquête. Il ne faut pas dédoubler les choses. L’UPAC est arrivé. On a dû arrimer pour qu’il n’y ait pas de dédoublage et éviter des problématiques. Mais il y a une double enquête », confirme M. Coderre.

Ces nouveaux éléments soulevés lors du conseil de mardi soir s’ajoutent à ceux déjà avancés concernant M. Pitre qui faisait l’objet d’allégations de fraude, de vol d’importantes sommes d’argent et de falsification de documents.

Le cadre a été suspendu avec solde le 30 octobre.

Au conseil de novembre, le procureur de la Ville Me Simon Cossette Lachance, avait indiqué que les allégations soulevées étaient sérieuses, ce qui avait mené à déclencher une enquête administrative pour vérifier ces allégations, précisant que la suspension avec solde suit un arrêt de la Cour suprême du Canada afin de respecter la présomption d’innocence.

La mairesse, Cathy Poirier, était absente du conseil, devant participer à des rencontres régionales d’élus.