Budget provincial | L’investissement des entreprises demande des mesures plus ambitieuses, selon la FCCQ

Christophe Moquin | 20 mars 2026 | 08:27
LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) estime que le dernier budget provincial, qui fut annoncé ce 18 mars par le ministre des Finances, Éric Girard, exigerait des mesures plus ambitieuses pour stimuler l’investissement des entreprises.

Elle mentionne que l’ajout au Plan québécois des infrastructures (PQI) devrait stimuler l’investissement privé dans toutes les régions, mais qu’il faudra toutefois s’assurer que ces projets d’infrastructures avancent réellement.

« L’ajout de sommes d’argent dans différents programmes ciblés ne va ni alléger le fardeau fiscal trop élevé de nos entreprises ni réduire la complexité bureaucratique pour avoir accès à ces sommes. Les entreprises sont conscientes de l’état précaire des finances publiques. Leur attente est que l’État en fasse moins et leur laisse la marge de manœuvre nécessaire pour investir et augmenter leur compétitivité. Une baisse du taux d’impôt serait beaucoup plus structurante, c’est donc un rendez-vous raté », a affirmé Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ.

La plupart des mesures annoncées auront peu ou pas d’impact sur la stimulation de l’investissement privé.

Certains gains sont tout de même à considérer, dont la bonification de 40 M$ du crédit d’impôt pour les médias, l’abolition de la redevance annuelle, l’appui accru aux travaux sylvicoles et l’aide de 60 M$ au fonds de roulement des entreprises de transformation du bois, une industrie vitale dans plusieurs régions, l’ajout de 1 G$ pour appuyer des projets liés aux minéraux critiques et stratégiques et l’ajout de 3 G$ supplémentaires au Plan québécois des infrastructures (PQI).

« Les entreprises constatent depuis quelques années que, même quand des projets disposent du financement public nécessaire dans le PQI, le gouvernement ne les démarre pas ou les arrête en cours de route. Les entreprises ont besoin de prévisibilité, pas d’un stop and go continuel, afin de planifier leurs besoins de main-d’œuvre, de machinerie et de matériaux. Le PQI est un levier de développement économique régional important », a déclaré Véronique Proulx.

Le retour à l’équilibre demeure incertain selon la FCCQ. Il reste à identifier des réductions de dépenses ou des hausses de revenus pour les années suivantes afin d’atteindre l’équilibre d’ici 2030.

Elle ajoute que la hausse des seuils d’immigration permanente, le maintien du nombre de travailleurs étrangers temporaires et le retour du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) sont nécessaires afin de contrer le manque de main-d’œuvre.

La FCCQ conclue en soulignant la volonté de la présidente du Conseil du Trésor, France-Élaine Duranceau, de déposer prochainement une nouvelle stratégie gouvernementale des marchés publics plus ambitieuse.