Articles récents
Articles récents
La dégradation des infrastructures inquiète au Bas-Saint-Laurent, selon l’Ordre des ingénieurs du Québec
Alors que les infrastructures publiques du Québec se détériorent plus rapidement qu’elles ne sont entretenues, le Bas-Saint-Laurent se retrouve en première ligne de cette problématique. L’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) tire la sonnette d’alarme dans son rapport Agir maintenant pour éviter la fracture de demain, publié aujourd’hui, et appelle à une révision en profondeur des pratiques d’entretien des infrastructures publiques.
La situation est particulièrement préoccupante dans la région. Selon les données du ministère de l’Éducation publiées en 2023, 65 % des bâtiments scolaires du Bas-Saint-Laurent sont jugés dans un état « mauvais » ou « très mauvais », illustrant de façon éloquente la vétusté des infrastructures éducatives. Le réseau routier n’est guère en meilleure posture : le Bas-Saint-Laurent se classe au quatrième rang des régions québécoises pour la proportion de routes considérées vétustes.
Pour l’Ordre des ingénieurs, ces constats témoignent d’un problème structurel qui dépasse la simple question budgétaire. Issu d’une vaste démarche de consultations menée sur plus d’un an, le rapport formule huit recommandations concrètes afin de transformer durablement la façon dont le Québec planifie, finance et entretient ses infrastructures, notamment en région.
L’OIQ lance un appel clair à rompre avec le « syndrome du ruban », une culture qui privilégie la construction de nouvelles infrastructures visibles à court terme au détriment de l’entretien préventif des bâtiments et des routes existantes. Une approche qui, selon l’Ordre, fragilise davantage les régions comme le Bas-Saint-Laurent, où les infrastructures jouent un rôle crucial dans l’accès aux services essentiels.
La présidente de L’OIQ explique comment en somme nous rendu à ce que la majorité des infrastructures sont désuète.
Cette réalité est d’ailleurs confirmée par les ingénieurs eux-mêmes. Il y a deux semaines, l’Ordre révélait qu’un ingénieur sur trois avait déjà constaté que l’entretien technique était sacrifié au profit de projets plus visibles. Cette proportion grimpe à 55 % dans le secteur public, accentuant les risques de détérioration accélérée des infrastructures régionales.
Pour l’OIQ, agir maintenant est impératif afin d’éviter que la facture liée au rattrapage des infrastructures ne devienne insoutenable, particulièrement dans des régions comme le Bas-Saint-Laurent, où la qualité des écoles, des routes et des bâtiments publics est directement liée à l’attractivité et à la vitalité du territoire.