Ratés du logiciel fédéral Curam | Des aînés privés de leur pension, dénonce les députés bloquistes

Maxime Morin | 29 janvier 2026 | 07:41
Photo courtoisie

Les députés bloquistes Maxime Blanchette-Joncas (Rimouski–La Matapédia) et Alexis Deschênes (Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine–Listuguj) dénoncent vigoureusement les graves défaillances liées à l’implantation du nouveau logiciel fédéral Curam, des ratés qui compromettent le versement de la pension de la Sécurité de la vieillesse (SV) à de nombreux aînés.

Selon les deux élus, ces problèmes étaient pourtant connus depuis plusieurs mois. Des fonctionnaires auraient alerté le gouvernement fédéral dès juin dernier quant aux importantes lacunes du système, sans que des correctifs suffisants ne soient apportés. Aujourd’hui, ce sont les aînés qui en subissent directement les conséquences.

D’après des informations rapportées dans les médias, certains bénéficiaires auraient dû attendre jusqu’à neuf mois avant de recevoir leur pension de la SV. D’autres erreurs auraient également touché des personnes ayant volontairement reporté leur admissibilité à la pension. Malgré le retour de chèques envoyés par erreur, Ottawa n’aurait pas corrigé leur dossier.

Ces versements excédentaires ont artificiellement gonflé les revenus annuels de plusieurs aînés, les exposant à des pénalités financières et risquant même de réduire leurs prestations futures. Dans des régions comme le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, où la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus est particulièrement élevée, l’impact de ces ratés est jugé majeur.

« Ce n’est pas un simple bogue informatique. Ce sont des erreurs graves qui placent des aînés dans des situations financières difficiles. Pour plusieurs, cette pension est essentielle pour joindre les deux bouts », a dénoncé Maxime Blanchette-Joncas, réclamant une intervention immédiate du gouvernement fédéral.

De son côté, Alexis Deschênes qualifie la situation d’inadmissible. « Que des aînés soient forcés d’attendre des mois avant de recevoir leur pension, ça ne passe pas. Ottawa a été averti, mais n’a pas agi. Ce problème exige une prise en charge rapide et immédiate », insiste-t-il.

Implanté en 2025, le logiciel Curam devait initialement coûter 1,1 milliard de dollars. Or, selon les données les plus récentes, la facture atteindrait désormais près de 6,6 milliards de dollars, soit six fois plus que prévu, ce qui alimente davantage les critiques des élus bloquistes.

Les deux députés reprochent également au gouvernement libéral de banaliser la situation, alors que de nombreux retraités multiplient les appels à Service Canada afin de faire corriger leur dossier. « Pour plusieurs aînés, cette pension est vitale. Ottawa ne peut pas rester les bras croisés », concluent-ils, en joignant leur voix à celles des personnes lésées pour exiger une correction rapide et complète de ce qu’ils qualifient de nouveau fiasco informatique fédéral.