« Les gens ont faim » | La précarité matapédienne et ses enjeux

Christophe Moquin | 6 janvier 2026 | 13:53
Crédit photo | Deposit photos

En termes de pauvreté et de précarité dans la Vallée de La Matapédia, la réalité de citoyennes et de citoyens a changé, rendant la vie plus complexe dans plusieurs contextes économiques et sociaux. De ce fait, la MRC de La Matapédia entreprend diverses démarches et stratégies avec des partenaires, dont le quatrième plan de lutte à la pauvreté, appelé le Plan pour l’alliance matapédienne.

Ce plan de lutte est un outil pour permettre à la MRC d’atteindre des transformations souhaitées d’ici 2028. Ce comité d’actions met en place des initiatives pour amortir les effets de la pauvreté.

Une assemblée d’une soixantaine de personnes s’est réunie pour déceler les situations et problématiques que les organismes entendent le plus souvent parler auprès des gens vivant précairement. De cette rencontre sont sortis trois chantiers de travail : la sécurité alimentaire, l’éducation populaire et globale et la santé globale (santé mentale, logement, itinérance). Concrètement, les initiatives améliorées ou mises en place sont les cuisines communautaires et collectives dans différentes municipalités, un meilleur accès à la nourriture, l’accès aux loisirs et le développement de l’empathie dans la communauté pour permettre une solidarité dans la population.

« Il y en existe déjà des solutions concrètes, on va en mettre d’autres en place. Ce qui est intéressant aussi avec cette alliance, c’est davantage d’implication citoyenne dans toute la démarche. On est en train de voir comment ont fait ça concrètement, parce que c’est beau de mettre en place des initiatives, mais moi quand je retourne chez moi le soir, je retourne dans ma vie, mais les gens avec qui l’on travaille (…), est-ce que ç’a eu un réel impact dans leur vie au quotidien ? », mentionne Mme Nancy Bérubé, conseillère en développement social à la MRC de La Matapédia.

Statistiquement parlant, après impôt, les revenus médians matapédiens sont un peu moindres par rapport à la province du Québec, selon la politique Municipalité amie des aînés de La Matapédia. Pour la MRC, le revenu médians des particuliers est de 30 800 $ et le revenu médian des ménages est de 51 200 $. À l’échelle provinciale, il s’agit de 36 400 $ pour les particuliers et 63 200 $ pour les ménages. Selon Statistique Canada, 18,3 % des Matapédiens vivent dans un ménage à faible revenu. Cependant, ces chiffres ne sont que des moyennes et peuvent masquer des disparités importantes. Aussi, le seuil de faible revenu ne tient pas compte des particularités régionales et peut être subjectif.

« C’est clairement démontré que la MRC de La Matapédia est l’une des MRC dans laquelle il y a beaucoup de gens qui vivent en situation de précarité. La Matapédia est quand même une MRC qui est considérée comme dévitalisée à la base. Cette dévitalisation est expliquée par le taux de pauvreté dans notre MRC », commente Nancy Bérubé.

Une réalité changeante

La MRC de La Matapédia décèle que dans les dernières années, la situation de précarité a grandement changé, procurant à la communauté des enjeux maintenant majeurs.

« L’on sent qu’il y a des enjeux, des gens qui demandent de plus en plus d’aide, il y a de nouveaux défis aussi qui ont émergé dans les dernières années, quand on parle au niveau de l’itinérance, des gens qui recherchent des logements, c’est pas toujours simple (…). On a maintenant des systèmes de frigos partagés de plus en plus qui émergent et la nourriture ne reste pas longtemps dans les frigos. Les gens ont faim (…), le coût de la vie a augmenté drastiquement dans les dernières années, donc c’est un élément concret que l’on voit à quel point les gens ont besoin », commente Stéphane Pineault, directeur de service en développement à la MRC de La Matapédia.

Une solution collective

La MRC conclut que, pour améliorer la situation, une solution est le travail ensemble.

« Comme MRC, nous on veux travailler avec les principaux acteurs du milieu pour essayer d’identifier clairement les mesures qui peuvent aider notre population », mentionne M. Pineault.

« Quand on parle de lutte à la pauvreté, c’est un système, le système c’est notre milieu. Si notre milieu est assez solidaire, est assez organisé, pour amortir l’effet de la pauvreté, puis favoriser que ces gens prennent part entière à se qui se vit, je pense qu’à partir de là c’est plus facile d’améliorer les conditions de vie de tout le monde », conclut Mme Bérubé.