L’artiste Véronique Bilodeau lance un cri du cœur sur les algorithmes des plateformes numériques musicaux
Crédit photo : Mathieu Samson L’artiste Véronique Bilodeau, originaire de l’Est du Québec, lance un cri du cœur sur les algorithmes des plateformes numériques musicaux et leurs impacts sur la culture québécoise.
Ses réflexions découlent d’une statistique qui l’a alarmée. « J’ai vu l’article passé, qui disait qu’au Québec, la musique locale, la musique québécoise, représentait seulement 7% des écoutes sur les plateformes numériques », indique l’artiste. « Je travaille non seulement en musique, mais je travail aussi dans le marketing web. C’est deux sujets qui me passionnent ».
Pour Véronique Bilodeau, les Québécois écoutent moins de musique d’ici à cause de la découvrabilité. « Présentement, sur les plateformes numériques, notre problème avec la musique québécoise, c’est qu’elle est considérée comme un genre en soi. Donc, même si, par exemple, moi, je fais de la pop électro. Il n’y a aucune façon que je me retrouve dans l’algorithme de quelqu’un qui trippe sur Olivia Rodrigo, Sabrina Carpenter, sur les grandes figures américaines qui font de la pop en ce moment, parce que ma musique n’est pas étiquetée pop ».
Cela crée des enjeux, car « on ne peut pas se faire découvrir des gens qui écoutent notre style de musique. Vu qu’on est tous dans un même panier, ça fait en sorte que si tu écoutes du Jean Leloup, qui est plus acoustique que moi, bien l’algorithme (…) va peux être se dire : Ah ben oui, t’écoutes du Jean Leloup, écoutes une toune de Véronique Bilodeau après (…). Ça se pourrait vraiment qu’on te recommande quelque chose qui est peux être pas à ton goût ».
Selon l’artiste, l’impact est visible. « En ce moment, ça a des répercussions sur notre culture. On repense à l’année passée, en 2025, au Gala de l’Adisq, quand Lou Adrianne Cassidy a remporté 11 prix Félix, puis qu’il y a eu une espèce de soulèvement de : qui est cette actrice ? Ça crée un débalancement entre ce qui se passe dans l’industrie et ce qui se passe auprès du public ».
Véronique Bilodeau mentionne tout de même des solutions, soit d’avoir le réflexe de mettre de la musique québécoise dans ses listes de lecture. Aussi, elle conseille aux enseigant.es. d’inviter des artistes à l’école, permettant de créer un lien entre les jeunes et les artistes.