Douze hommes en colère | Entretien avec la distribution

Christophe Moquin | 1 janvier 2026 | 11:44

Le 4 décembre dernier, la production théâtrale Douze hommes en colère était de passage à la salle Jean-Cossette d’Amqui. Pour l’occasion, nous nous sommes entretenus avec la distribution de la pièce.

Cette production suit douze hommes qui doivent délibérer, à la suite d’un procès, sur l’avis de culpabilité d’un homme potentiellement condamné à mort.

Entretien avec la distribution

Cette pièce existe depuis 1954, plusieurs acteurs ont pris les habits de vos personnages. Comment l’on s’accapare les rôles que d’autres ont faits avant nous ?

« Des rôles n’appartiennent à personne dans la mesure où chacun les interprètes. Il y a de grands noms c’est sûr, mais on le fait avec tout se qu’on a, tout se qu’on pense, et c’est notre proposition à nous, puis ça, c’est super précieux », mentionne Hugo Giroux.

« Au Québec, la pièce c’est la quatrième fois qu’elle est montée en 40 ans. J’ai hérité du rôle que faisait Gérard Poirier chez Duceppe, il y a 35 ans. Jean-Pierre Chartrand jouait le Juré #1 il y de ça 38 ans (…). On n’était jamais venu joué à Amqui et je suis très content », ajoute Jean-Bernard Hébert.

Quelle est l’importance du texte, ce qu’il est, mais aussi ce qu’il véhicule ?

« C’est un texte qui parle beaucoup de l’humanité. Chacun des personnages traîne son bagage différent, c’est une pièce qui, sous prétexte de délibération, traite de l’humanité. Douze jurés d’hommes blancs, d’univers différents, en viennent à une décision commune après moults discussions, donc faut se parler, donc faut s’entendre, faut se comprendre. C’est une pièce qui chari, je pense, toute ces nuances-là », répond Claude Prégent.

« Le public est chanceux parce que ça dure deux heures. Il y a des procès qui peuvent durer deux semaines. Nous, on l’a concentré en deux heures, puis en deux heures il se dit beaucoup de chose », ajoute Jean-Pierre Chartrand.

Comment s’est passé le processus de création de cette distribution ?

« Il n’y a pas de scènes qu’on peut répéter à deux ou à trois, il faut tout le temps être les douze ensemble. On a répété 110 heures ensemble puis on joue depuis fin août. On a beaucoup de plaisir à jouer la pièce, mais aussi en coulisse », commente Jean-Pierre Chartrand.

« Notre metteur en scène, Alain Zouvi, participe beaucoup à cette réunification de tout ce monde-là parce que, je dirais que 70% des gens qui font partie de la distribution, je l’ai connaissait pas », continue Jean-Pierre-Chartrand.

« Je me suis assis avec Alain Zouvi, on a mis trois comédiens par rôle. Évidemment, car c’était un engagement qui était long, les premiers qu’on avait demandés, il y en avait qui était en attente pour des films (…), puis je ne voulais pas, dans le calendrier, avoir de conflit majeur, comme un mois et demi sans jouer », ajoute Jean-Bernard Hébert.

Quelle est l’ambiance de tournée ?

« C’est un plaisir énorme depuis qu’on a commencé à travailler ensemble », commence Jean-Pierre Chartrand.

« Et de faire des sept-huit heures d’autobus ensemble, ça crée des liens », continue Claude Despins.

« Une complicité qui est intéressante à retrouver sur scène. Ça nous aide beaucoup d’être très complices sur scène, à s’aider chacun l’un après l’autre », ajoute Claude Prégent.