Simon Gouache sera de passage à Amqui | Entretien avec l’humoriste

Christophe Moquin | 10 mars 2026 | 14:19
Photo de courtoisie Diffusion Mordicus

L’humoriste Simon Gouache sera de passage à la salle Jean-Cosette d’Amqui le 28 octobre prochain pour présenter son nouveau spectacle, Pour l’instant, son quatrième en carrière. Pour l’occasion, notre équipe s’est entretenue avec l’artiste.

Entretien avec Simon Goauche

Pour ce spectacle, tu as fait une centaine de spectacles de rodage. Quel est ton rapport avec le travail en rodage ?

« Le travail en rodage, c’est vraiment le côté le plus montagne russe de mon métier, parce que tu peux autant sortir d’un show où t’as l’impression que tu es le meilleur humoriste au monde, tu peux autant sortir en te demandant si tu ne devrais pas faire autre chose de ta vie. C’est un processus que j’adore, mais pour un humoriste, développer de nouvelles idées, c’est ce qu’il y a de plus excitants, mais c’est se qui peut être le plus challengeant aussi.

Il y a des soirs où les idées ne connectent pas, puis les mots ne sortent pas. Tu fais comme : Bon, j’ai l’impression d’avoir fait perdre le temps à bien du monde ce soir, mais ça fait partie du processus. Ce qui est le plus difficile en rodage, c’est d’assister d’échouer, parce que tu ne peux pas construire quelque chose de très bon sans être très poche. Avec l’expérience, maintenant, c’est plus facile pour moi, parce que je le sais maintenant que ça va arriver à un résultat qui est satisfaisant. Je me remets au rodage de mon deuxième one-man show, et je me souviens à quel point c’est très challengeant ».

Qu’est-ce que ce nouveau spectacle représente dans ta carrière ?

« Mon troisième spectacle, Live, a été un point tournant dans ma carrière. En écrivant ce spectacle, je me suis rendu compte que j’avais vraiment pris une maturité artistique, puis je savais que ce show allait arriver à un point tournant, même avant de commencer à le faire, en l’écrivant, et ça l’a été.

Quand ce show a fini, autant la tournée a été extrêmement forte en émotion, autant quand il a fini, j’ai fait : Oupelaille, faut que j’en écrive un aussi bon, sinon meilleur. Donc, le quatrième, la façon que je le vois, je me suis prouvé à moi-même que ce n’était pas un one hit wonder mon troisième show. Ça m’a comme donné une confiance que je pense va me durer très longtemps dans ma carrière, d’avoir réussi à accoter, sinon mieux, ce troisième show, c’est quelque chose qui me rend très fier ».

Justement, Simon Goauche, l’humoriste, quelle est son évolution ?

« Dans le quatrième spectacle, je parle un peu de mes débuts (2006). Tu commences ce métier, tu n’as aucune idée de ce que tu fais, tu n’es pas bon, tu ne sais pas comment t’améliorer, t’essaye plein d’affaires qui ne marchent pas. Je suis fier de la courbe de ma carrière. Je pense que je m’améliore encore, je pense que j’utilise bien tous les outils que j’ai acquis pendant ces 20 années de carrières. Dans ce métier, quand t’essaye de te spécialiser en Stand-Up, comme moi, il n’y a pas de secret, c’est d’en faire beaucoup. Je suis surtout content d’aimer ça tout autant que le premier jour, de ne pas me tanner une seule seconde, puis d’avoir encore envie de m’améliorer, d’avoir de nouveaux défis, de nouvelles idées et de me faire découvrir par des gens qui ne me connaissent pas ».

Dans ta carrière, Simon Goauche, l’humain, quelle est son évolution ?

« Oh, mon dieu, ça se suit un peu. Je fais du Stand-Up, donc naturellement, je vais parler beaucoup de qui je suis. J’enligne mes spectacles assez rapidement. Une des raisons, c’est parce que je veux parler de se qui se passe en ce moment dans ma vie. Si tu fais un show pendant 4 ans, naturellement, tu vas être ailleurs à la fin de la tournée. Le Simon Gouache qui n’est pas sur scène a beaucoup de nouveaux sujets depuis 5 ans. J’ai une fille, j’ai un garçon qui a trois ans, j’ai de nouvelles responsabilités, j’ai déménagé, je pense que les sujets ont beaucoup changé, parce que ma vie a beaucoup changé ».

Comment ça s’écrit un show d’humour ?

« Il y a plusieurs façons. Il y a des humoristes qui vont s’asseoir devant un ordinateur et écrire toute la journée plein de gag. Moi, personnellement, je travaille sur scène, j’y vais avec des idées, certaines observations que je vais faire devant le public, je vais voir comment ça répond, puis, à travers les shows, c’est pour ça que je fais énormément de rodage, j’écris le show sur scène. Chaque show est un peu comme le résultat des derniers jours ».

En terminant, est-ce qu’il y a une différence entre tournée en région et en ville ?

« Je fais beaucoup de villes et de régions différentes en rodage, car je veux que le show soit aussi drôle sur le Plateau Mont-Royal qu’en Gaspésie. Pour moi, un show d’humour doit fonctionner partout, tout le temps. C’est sûr que les sujets frappent différemment d’une région à l’autre, mais de dire : Les 7 prochaines minutes, ils ne comprendront pas, parce que je parle de quelque chose qu’il faut habiter en ville pour comprendre, pour moi c’est inacceptable ».